Bâton de joie

Blabla vidéoludique non influencé
et probablement orienté.
¯\_(ツ)_/¯
Super Mario Maker - Wii U

Super Mario Maker

Support : Wii U
Le 03/09/2015 - 22:45, par eboux

Tout le monde aimant les jeux vidéos a déjà touché au moins une fois à un Super Mario. Certes, tout le monde ne sait peut-être pas apprécier la finesse du level-design, le génie des pièges vicieux, le timing au poil de cul sur les niveaux plus difficiles, mais dans l'idée, chacun peut s'y amuser. Mais est-ce que tout le monde connait la recette magique qui fait qu'un niveau n'est plus un simple assemblage de briques et d'ennemis ? C'est bien la question que Nintendo nous pose en sortant son Super Mario Maker, AKA le Mario Ultime. Oui, rien que ça.

Les maçons du coeur

Tout commence simplement. Un écran jaune avec Mario dans sa salopette de plom... bricoleur. Viens ensuite ce menu qui nous invite à créer ou jouer alors même qu'il nous place dans un niveau que l'on peut déjà parcourir. On peut même interagir avec les lettres du titre flottant au dessus de nos têtes pour faire apparaître des ennemis, des bonus, donner vie à une lettre qui décolle alors comme une fusée. Le ton est bien différent au final des autres productions estampillées Nintendo et surtout Mario, avec un ton décomplexé, déconneur, et au graphisme plus ludique. Pas de doute, l'enrobage tente bien de nous dire quelque chose. Ce Super Mario Maker ne sera vraiment pas un Mario comme les autres, n'en déplaise aux détracteurs du moustachu bien viril (des fragiles qui pleurent dans les donjons de Bowser). 

Plongeons dans le vif du sujet, puisqu'il n'y a pas grands choix possibles pour commencer : Jouer ou Créer.

Jouer. Play. Spielen. Asobimasu.

Jouer est finalement le mode qui devrait intéresser le plus de monde car il ne sollicite pas votre âme d'artiste et finalement, c'est celui qui permet aussi de mieux comprendre les mécanismes d'un Mario. Face à vous, une multitude de niveaux. Car oui, en bon outil de création de niveau, Mario Maker permet aussi de les partager, ce qui offre alors un nombre vertigineux de contenu au premier quidam venu. Préparez-vous à parcourir des milliers de kilomètres de plaines verdoyantes, de maisons hantées, de châteaux truffés de pièges, mais aussi à fatiguer vos petits bras en nageant dans un océan infini où vous ferez sûrement des rencontres insolites (les champignons nagent mal et les nuages aiment l'eau salée, "le saviez-tu ?").

Pour faire les choses bien et permettre d'apporter du contenu à tout type de joueur, Nintendo à vu les choses de deux manières. D'un côté, histoire de garantir une courbe de progression potable, le mode "Défi des 10 Mario" propose d'enchaîner 8 niveaux avec seulement 10 vies (on peut cependant en gagner en cours de route). Et des niveaux, il y en a pas mal qui laissent déjà apercevoir ce qu'un esprit débridé peut faire avec l'éditeur de niveaux.

Si cela ne vous convient plus, vous pouvez alors tenter le "Défis des 100 mario". Dans ce mode de jeu, vous allez affronter les créations diaboliques ou alors très ludiques des designers en herbe. Pour ne pas casser les pieds avec une difficulté improbable entre deux niveaux, Nintendo a fait les choses bien.
Pour chaque niveau, il y a des statistiques qui se complètent toutes seules. Le nombre d'essai, le nombre de vie perdue, deux éléments qui permettent au joueur de se lancer dans une série de niveaux simples, faciles ou difficiles. Et bien oui, si nombre de gens meurent plein de fois sur un level avant de réussir à en voir le bout, c'est qu'il est difficile. Mais attention, un niveau n'est jamais impossible car le créateur, pour le proposer à la communauté, se doit de savoir le finir lui même. Logique mais tellement salvateur. Ou rageant quand on se casse les dents en voyant ses vies défiler, se disant que merde, c'est pourtant faisable en principe. D'autant plus que chaque style d'univers Mario propose un gameplay différent auquel il faudra se réhabituer rapidement si on ne veut pas se laisser surprendre, ce qui complique vite les choses.

 

 

En mode Simple, vous ne devrez finir que 8 niveaux, alors qu'en mode normal ou expert, vous devrez en enchaîner 16. En guise de carotte, un élément est déblocable à la fin de chacun de vos runs et ce de manière aléatoire. Ces éléments sont des skins de personnages (99 au total). Rien de folichon en soit, mais cela permet ensuite d'en disposer pour créer des niveaux totalement originaux dans l'esprit de la licence dont ils sont extraits. Par exemple, je suis tombé sur un niveau Metroid absolument dingo où il fallait trouver certains pouvoirs à certains endroits afin de passer des pièges, avec même des warpzones offrant une étendue d'exploration assez vaste. Un vrai régal, d'autant plus que chaque costume est accompagné de bruitages et petites mélodies tirées de son jeu. Grisant donc d'entendre la petite musique typique de Metroid au moment de mourir, ou de finir le niveau bien sûr.

Histoire de ne pas vous embarquer des heures durant dans une lutte pour finir 16 niveaux, il vous sera possible aussi de faire des niveaux au hasard, en recherchant parmi les plus populaires - notation à base d'étoile que le joueur accorde à la fin du niveau - ou alors de voir les niveaux auxquels vous avez déjà joué ou même voir les nouvelles créations des joueurs que vous avez choisi de suivre. Autant dire que pour une fois dans un jeu Nintendo, le mode en ligne est très complet et est très bien pensé. Rien ne manque que ça soit dans l'ergonomie et la lisibilité des menus ou la quantité de paramètres de tri pour satisfaire votre curiosité. 
Enfin, si vous souhaitez conserver certains niveaux rien que pour vous sans aller le rechercher dans divers menus en ligne, vous pouvez les télécharger sur votre console pour en disposer à votre guise : y jouer mais aussi le modifier.

Si vous aimez un niveau mais que vous souhaitez proposer des améliorations à son créateur, vous pouvez laisser des commentaires. Par exemple "bon ton niveau c'est cool mais quand même, le passage avec les douzes frères marteaux, les nuages, les boulets de canon, les plateformes amovibles et le chrono un peu court, c'est pas un poil abusé non ?". Oui, Nintendo incite les gens à faire des commentaires constructifs parce que le "ouais trop cool" "jkif" "tro dure" ça a plus sa place sur les forums que dans le jeu. Pour échanger entre joueurs, le réseau social Miiverse est intégré au jeu pour les commentaires ce qui permet d'avoir des conversations même quand on ne joue pas, celui ci étant accessible depuis votre navigateur web. Chouette.

Créer. Make. Schaffen. Tsukurimasu.

La partie compliquée du jeu n'est pas forcément celle de la création. Certes, si certains d'entre vous ont déjà touché à des éditeurs de niveaux d'autres jeux, la chose sera très aisée ici. Mais si par exemple celui de Little Big Planet vous avait filé des boutons pour son ergonomie discutable et son nombre de choses à gérer un peu trop important, vous allez vous sentir parfaitement à votre aise ici.

Dans un premier temps, tous les outils ne vous seront pas proposés. Il vous faudra passer au moins cinq minutes dans l'éditeur de niveau pour apprendre que le lendemain de nouveaux items seront débloqués. Avec chaque vague d'items vient un niveau de démo les mettant en scène permettant alors de comprendre leurs mécanismes si tant est que vous ne les connaissiez pas déjà (un poisson vert file tout droit tandi qu'un rouge fait des allers/retours sur une zone,...). Ensuite, à vous de jouer. 

Aussi simplement qu'avec un crayon, vous aller prendre votre stylet, sélectionner un goompa et le poser à un endroit. Vous appuyez alors sur lecture et pouf, il tombe dans le vide. Normal, vous n'avez pas mis de sol et sans lui mettre d'ailes, il ne risque pas de flotter dans les airs. Alors vous repassez en mode création, tout se remet à sa position initialement choisie, et à la volée, vous dessinez votre sol. Simple et efficace. Vous pouvez aussi secouer un ennemi une fois sélectionné pour faire défiler ses variantes (Des Bowsers géants ou des minis!). Pour rendre les sols moins génériques, si vous dessinez un certain nombre de cases identiques les unes à côté des autres, se placeront tout seul des éléments de décorations. Voilà qui rend les choses plus vivantes sans vous demander de peaufiner vos levels jusque dans des niveaux de finition qui n'apportent rien au gameplay.

C'est bien simple d'ailleurs, vous n'aurez pas grand chose dont vous soucier à part vos souhaits de création. Le reste répond parfaitement au doigt et à l'oeil et l'interface est bien assez claire et limpide pour ne pas vous perdre dans un dédale de menu et sous-menus. 
En plus d'être lisible, elle est aussi ludique avec plein de petites animations discrètes qui participent à l'ambiance fun du titre en plus de léger bruitages discrets mais efficaces. Essayez de réarranger votre barre d'items pour voir tous les petits carrés s'animer avec des petites jambes. Cute !

Sur la gauche de l'écran tactile, une liste déroulante vous invite à choisir le style de gameplay : Mario 1, Mario 3, Super Mario Land ou New Super Mario. Chacun proposant des finesses de gameplay différentes, il ne faudra pas oublier de les prendre en compte durant votre conception. De même, évitez de changer de style graphique en cours de route car si vous aviez compté sur le fait que Mario doive porter une carapace de tortue pour s'ouvrir un chemin par la suite et que vous revenez en mode Mario 1, ce ne sera plus possible puisqu'à l'époque, il ne pouvait le faire. Il y a donc quelques pièges à éviter dans la conception, mais rien de bien dramatique.

Ensuite, vous choisissez votre style de décor. Les océans, les plaines, les forteresses volantes, les maisons hantées, les châteaux et leur lave, tout y est, à l'exception du désert. Tant pis, il y a déjà de quoi faire et qui sait, peut-être qu'un DLC viendra se greffer à tout ceux là. Chaque style de décors propose des éléments propre à ceux ci en terme de design. Si vous comptiez faire un niveau de Bowser sous l'eau (psychopathe !), c'est loupé. Mais pour autant, vous pouvez mélanger les types d'ennemis d'un style de niveau à l'autre, pour ainsi découvrir des comportements intéressants et originaux, piégeant alors les joueurs érudits. Les différents pièges d'ailleurs, se placent tout aussi simplement que le reste, en tapotant la case souhaitée. Ils se mettent alors à fonctionner dans leur logique de base mais si vous avez envie d'inverser leur sens de rotation ou direction, une flèche sur l'item vous invitera à le faire. C'est aussi simple que ça !
Non vraiment j'insiste mais c'est absolument simplissime de faire son propre niveau, aussi classique ou tordu soit-il, court ou long. Car oui, c'est vous qui définissez la longueur du stage, même s'il y a une limite maximale (qui est très longue cela dit). Vous pouvez même définir la durée dont dispose le joueur pour le parcourir et aussi si le scrolling doit avancer tout seul, et ce de plusieurs vitesses. 

Certes tout ce qui a déjà été vu dans un Mario en terme de mécanisme n'est pas présent. Les grilles sur lesquelles le plombier peut s'accrocher dans les derniers jeux 2D ne sont pas présentes par exemple. Mais les outils proposés sont déjà assez nombreux pour permettre de faire des choses complètement folles pour le peu que l'on s'amuse à détourner leur utilisation première. Des canons qui tirent des champignons, des plantes carnivores avec des ailes rebondissant sur des trampolines, c'est faisable. Bien des choses sont faisables pour le peu que vous soyez créatifs. Et c'est bien là la seule véritable limite : si vous n'êtes pas un élève assidu face aux différents tutoriels (pourtant bien fait), que vous n'arrivez pas à vous projeter mentalement dans le niveau que vous souhaitez faire (réfléchissez bien avant de commencer quelque chose), vous allez vite vous sentir bête et vous retrouver comme un écrivain en prise d'un grand effroi devant sa page blanche. 

Il vous faudra vous investir quand même un peu beaucoup pour réaliser des choses plus évoluées que ce que l'on croise dans les premiers niveaux d'un Mario et là, l'autonomie du gamepad pourra vite s'avérer limite tant on ne voit pas les minutes défiler lorsque l'on est concentré sur sa création, à basculer sans arrêt en mode jouable pour tester le moindre petit piège, voir si les timings ou les distances sont correctes. Bref, à faire un travail d'orfèvre sur lequel s'amuseront à leur tour les autres joueurs. Et là vous vous sentirez fier de vous en voyant les gens mourir à l'endroit même ou vous avez placé une vacherie sans nom. Et pris d'un rire diabolique et tonitruant vous vous sentirez un peu mal pour tous ces champignons verts gaspillés par les gens qui ne vous octroie pas une petite étoile à cause de votre méchanceté. Et oui, c'est dur d'être aimé !

Ne proposant pas de mode multijoueur en coop pour ses niveaux (c'est déjà assez complexe de faire des pièges pour un seul joueur alors quatre comme dans les New...), le jeu n'en reste pas moins très distrayant à plusieurs. De une, c'est le moment idéal pour vous faire maudire par vos amis en leur proposant vos créations, ou alors de voir que votre piège trop bien calculé fait un flop parce que les gens font carrément autre chose que ce à quoi vous vous attendiez. Bref, c'est très instructif. Et puis, il y aussi le bon vieux mode multijoueur en local du "je passe ma manette au voisin quand j'ai perdu X vie", chose que l'on fait volontiers en choisissant des niveaux au hasard. Non vraiment, ce Mario Maker est ultra complet et à tout pour plaire.

Conclusion

It's me, APC. Ou remplacez le pseudo par le votre ou votre prénom, ne nous fâchons pas. Bref, Mario c'est vous mais pas le plombier, non, le bricoleur. Celui qui décide où vous allez mourir, où vous aller récupérer un champignon. Celui qui décide aussi de mettre ce foutu calamar volant juste avant d'attraper le drapeau de fin. Le sadique, le vicieux, le cruel, n'ayons pas peur des mots. Mais ce Mario c'est aussi le drogué masochiste qui s'enfile une pleine poignée de champignons pour lutter contre des plantes carnivores volantes et des poissons enflammés plus terribles que les requins de Sharknado. Celui qui est complètement déconnecté de la réalité et qui, toute la journée, griffonne sur un coin de table son plan machiavélique qu'il a hâte de mettre à exécution, en espérant qu'un héros surgissant des 4 coins du monde ne viennent pas récupérer sa princesse.
Bon ok, j'en fais peut-être un peu trop mais finalement, le trop c'est la limite que s'est fixée Nintendo pour faire cet incroyable créateur de niveaux. Trop d'outils à dispositions, trop de possibilités, mais aussi trop de simplicité et plus que tout : trop de fun. Super Mario Maker est une pure réussite qui vous retiendra longtemps devant vos écrans, vous forçant à revenir souvent dessus pour découvrir de nouvelles réalisations parfois incroyables, parfois nulles aussi, mais toujours instructives. S'il ne fallait garder qu'un seul jeu Mario 2D de ces 30 dernières années, ce serait celui-là, à n'en point douter !

Les plus

  • Ergonomique et simple d'accès
  • Ludique et fun
  • Une durée de vie infinie
  • Les possibilités dingues !
  • L'artbook fournit avec le jeu

Les moins

  • Pas de coop, mais on s'en fout en fait
  • Ca va être dur pour Nintendo de faire mieux après ça

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