Bâton de joie

Blabla vidéoludique non influencé
et probablement orienté.
¯\_(ツ)_/¯
Pro Evolution Soccer 2015 - PS3, PS4, Xbox 360, Xbox One
Support : PS3, PS4, Xbox 360 et Xbox One
Le 15/11/2014 - 09:42, par Tarbuk

ILILA ! PES édition 2015 est arrivé, et cette année, contrairement aux années précédentes, se pose réellement la question de savoir si oui ou non le jeu de Konami est enfin parvenu à rattraper son retard face à l’éternel concurrent, et actuel leader, FIFA. Après une longue traversée du désert et un PES 2014 moyen mais qui semblait clairement sur la bonne voie, est-ce le retour du Roi, de sa femme et du petit prince ?

PES breaks the internet

Avec cette édition 2015, PES nous révèle sa belle plastique, fraichement refaite avec le moteur Fox Engine, développé par la team de "Dieu" Kojima, version new-gen. Oui, PES 2015 est plutôt joli. En particulier, la modélisation des joueurs les plus connus est tout simplement bluffante de réalisme, même si les expressions faciales sont toujours aussi flippantes, faisant ressembler les joueurs à des zombies. Cependant, les modèles des autres footballeurs moins connus sont complètement génériques et n’ont la plupart du temps rien à voir avec ceux d’origines. Ceci étant dit, la concurrence ne fait pas non plus mieux dans ce domaine.

D’une manière générale, si les graphismes sont plutôt beaux, ils ne sont pas à la hauteur du concurrent FIFA qui ne cesse de s’améliorer sur ce point à chaque épisode. La faute sans doute à un choix de couleurs trop ternes, à des effets de lumière –pourtant le point fort du Fox Engine- trop discrets et à une modélisation des joueurs qui ressemblent encore trop à des poupées de cire.

De toute façon, Le point fort de PES n’est pas ses graphismes mais les animations des joueurs. Celles-ci sont plus fluides, naturelles et réalistes qu’auparavant. En particulier les animations de contrôle de balle et des passes qui sont variées et agréables à regarder.

Toujours sur la forme, l’interface du jeu a encore été remaniée. Si les interfaces de l’écran d’accueil et des différents modes de jeu sont des plus agréables, avec leur style en case similaire au style metro de Windows 8, celle de la gestion d’équipe, sur lequel le joueur passera le plus de temps, est malheureusement trop old school et austère. Surtout, elle est peu ergonomique et intuitive et demandera un temps d’adaptation avant de pouvoir comprendre toutes les options qu’elle propose. Un simple changement de joueur est toujours trop long à effectuer ! Ceci étant dit, la gestion d’équipe a le mérite d’être plus complète et poussée que dans FIFA, permettant aux stratèges en herbe de gérer de manière assez poussée la tactique de leur équipe.

Côté son, le jeu dispose d’une tracklist un peu hipster plutôt cool qui rend la navigation dans les menus agréable. L’ambiance sonore en match est bonne, les supporters donnent de la voix et réagissent assez bien selon les situations. Malheureusement, on est toujours à des années-lumière de l’ambiance de FIFA qui écrase PES sur ce point depuis un long moment, maintenant.

S’agissant des commentaires, ce n’est toujours pas avec cette édition que PES rattrapera son retard. Grégoire Margotton et Darren Tulett sont toujours de la partie, ce qui n’est pas une bonne nouvelle. Si le premier fait plutôt un bon job, le second, en revanche, ne donne pas du tout l’impression d’être à l’aise dans l’exercice du commentaire sportif et ses interventions sont la plupart du temps peu inspirées. Enfin, Les commentaires manquent de liant entre eux et les commentateurs ne reviennent pas sur les propos qu’ils avaient entamés lorsqu’ils sont interrompus.

Coucou, tu veux voir mon but ?

PES 2014, dans sa dernière version patchée, laissait déjà supposer les bases de ce que deviendrait cette nouvelle mouture qui fait entrer pour la première fois la série dans l’ère ps4/xbone à savoir un jeu plus posé reposant essentiellement sur la construction du jeu dans le milieu de terrain.

PES 2015 s’oriente également dans la voie de la simulation avec un rythme de jeu assez lent, bien plus lent que son concurrent, une gestion de la fatigue qui se veut plus réaliste (les joueurs sont complètement cramés dès la 60ème minute !) et un développement du jeu collectif bien plus poussé.

Il est quasiment impossible de lancer une attaque en sautant le milieu de terrain, au moyen d’une passe longue envoyée depuis la défense. La construction du jeu par le milieu est essentielle, il faut prendre son temps, multiplier les passes afin de déplacer le bloc adverse et se créer des espaces.

Cela est d’autant plus nécessaire qu’il est extrêmement difficile de gagner un duel face à un défenseur. Si les dribbles courts et la conduite de balle ont gagné en fluidité et précision (les joueurs ne courent plus avec un balai dans le fondement !), la forte inertie qui pèse sur les joueurs, la latence que l’on constate entre le moment où l’on dirige le stick (ou la croix pour les faux puristes qui refusent d’évoluer) dans une direction et celui où le joueur effectue un mouvement gênent beaucoup trop pour que l’on puisse dribbler en toute aisance. Et inutile de s’appuyer sur les tricks pour gagner un duel, ceux-ci étant non intuitifs au possible, et donc difficiles à retenir les rendant quasiment impossible à sortir. Il faut en effet utiliser les deux sticks de la manette pour effectuer des techniques de dribbles évoluées inutile de vous dire qu’en plein match, alors que le pressing adverse est très fort, il est extrêmement difficile de les réussir.

Alors oui, cela évite les raids de joueurs traversant facilement la moitié de terrain adverse, complètement scandaleux et abusifs, que l’on rencontre fréquemment dans FIFA 15. Oui, conclure une action de but après une série de jolies passes courtes dans un espace réduit est plaisant à faire et à regarder, mais il manque pour moi à ce PES 2015 un petit grain de folie, ce grain de folie qui est le fruit d’un éclair de génie dont seuls les grands joueurs sont capables, telles les chevauchées de Messi, capable de dribbler facilement plusieurs joueurs avant de marquer un but ou de délivrer un caviar à son camarade. Et puis, c’est un jeu vidéo quoi ! On veut pouvoir prendre le contrôle de Cristiano Ronaldo et marquer un but d’une bicyclette après avoir dribbler un joueur en lui faisant un coup du sombrero. On veut rêver, bon sang !

J’ai bien conscience que cela plait et plaira encore à beaucoup de joueurs mais PES gagnerait à être plus spectaculaire, ce que réussit très bien la concurrence.

S’il est difficile de passer en un contre un dans PES, rassurez-vous, cela n’est en rien dramatique puisque Konami met à la disposition du jouer une arme fatale : la passe en profondeur.

Qu’elle soit à ras de terre ou lobée, la passe en profondeur est l’arme la plus pétée de PES et permet de percer facilement, un peu trop même, le dernier rideau défensif adverse. Deux raisons à cela : le comportement des attaquants a été considérablement amélioré et leurs appels sont désormais nombreux et tranchants et, en contrepartie, les défenseurs, en particulier les centraux, sont toujours trop statiques et ne suivent pas les appels des attaquants adverses.

Pour empêcher les passes en profondeur, il faut exercer un pressing sur l’équipe adverse en étouffant notamment le milieu afin d’annihiler toute tentative de construction. Avec son pressing à l’ancienne qui a très peu évolué, il est facile, trop facile même d’exercer un pressing sur son adversaire. Celui ci est en effet complètement craqué et trop efficace, en particulier contre un adversaire humain. D’une pression sur la touche croix, le footballeur que l’on contrôle va se diriger automatiquement vers le joueur adverse qui est en possession du ballon tandis qu’à l’aide de la touche carré, il est possible d’appeler un ou plusieurs joueurs afin qu’ils se joignent à nous pour presser. Du fait de la rigidité des contrôles et de l’efficacité redoutable de ce pressing, on se retrouve très vite étouffé par l’adversaire et l’on perd rapidement la balle, pour la récupérer rapidement également en effectuant à notre tour un pressing pété. Il m’est arrivé dans des matchs en ligne d’avoir plusieurs séquences de récupération et de perte du ballon sans aucune possibilité de construction ni pour moi ni pour mon adversaire. Frustrant.

Dumb and Dumber

Les gardiens sont d’une débilité absolue dans ce PES. Ils ne font que rejeter la balle la plupart du temps, ne le captant que dans de rares occasions. Surtout, ils sont incapables d’arrêter les frappes enroulées, même celles qui leur passent près du corps, faisant de celles-ci une des armes offensives les plus abusées de PES 2015, avec les passes en profondeur. De même, sur les pénaltys, les gardiens laissent passer 9 fois sur dix un ballon qui leur passerait tout prêt du corps. Rageant.

Parlons des frappes, justement. Si la physique de balle a été pendant longtemps un point fort de PES vis-à-vis de FIFA, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Si la série d’EA a énormément progressé sur ce point, en particulier depuis la version 13, celle de Konami stagne. Les frappes sont trop lourdes, trop prévisibles, trop parfaitement rectilignes. La balle n’est pas assez fuyante, imprévisible. Les frappes en dehors de la surface seront presque toujours cadrées, tandis qu’une frappe dans la surface de réparation est quasiment synonyme de but.

Un mot sur les licences et des modes en ligne, pour conclure ce test. La série pêche encore et toujours sur le premier point. Si les équipes des championnats brésiliens et argentins font leur apparition, d’autres grands championnats sont toujours absents. Quel dommage de ne pas avoir les licences des équipes de Premier League et de Bundesliga. Pire encore pour le championnat allemand, Konami ne dispose pas non plus des licences des joueurs, ce qui a pour conséquence que les équipes allemandes sont tout simplement absentes, à l’exception du Bayern de Munich, du Bayer Leverkusen et de Schalke 04. Il faudra compter, une fois de plus, sur la communauté pour partager leur fichier option modifiant les maillots et noms des équipes non licenciées.

S’agissant des modes en ligne, PES recopie à l’identique les modes saisons et FUT de FIFA, ce qui est une bonne chose, ceux-ci étant très bon. Rien à signaler sur les matchs en ligne qui sont stables et fluides, offrant ainsi la garantie d’une grosse durée de vie au jeu.

Conclusion

Quelle fut longue cette traversée du désert ! Presque 7 ans de souffrance pour les fans de la série, souffrance qui prend fin aujourd’hui avec cette version 2015 qui constitue une bonne simu de foot qui satisfera sans doute les fans mais aussi les nouveaux venus. Malheureusement les défauts sont trop nombreux pour que l’on parle de retour du roi PES et FIFA, même dans sa version 15 arcadisée, garde encore une longueur d’avance. Les commandes sont encore trop rigides et frustrantes, les licences toujours incomplètes, les gardiens débiles et le pressing trop pété pour que l’on prenne véritablement son pied. Malgré tout cette dernière édition est très encourageante pour l’avenir de la série et EA devrait vraiment se méfier en évitant de se reposer sur ses lauriers comme cela semble le cas avec FIFA 15, car PES semble bel et bien de retour.

Les plus

  • Modélisation des joueurs stars réussie
  • Le plaisir de construire ses actions de but
  • Animations tops
  • Un bon compromis simu / arcade

Les moins

  • Gameplay toujours un chouia trop rigide
  • Le pressing en défense complètement pétay et beaucoup trop efficace
  • Les gardiens teubés
  • Les joueurs systématiquement cramés à la 60ème
  • Encore et toujours des licences manquantes
  • Nombre de stades modélisés trop peu nombreux

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