Bâton de joie

Blabla vidéoludique non influencé
et probablement orienté.
¯\_(ツ)_/¯
Monster Hunter 4 Ultimate - 3DS
Support : 3DS
Le 20/02/2015 - 16:51, par el lobo

"Houla", tel est le premier mot qui vient à l'esprit d'un testeur dont le visage affiche un rictus façon Macaulay Culkin dans "Maman j'ai raté l'avion" lorsqu'il reçoit un code pour Monster Hunter 4 Ultimate sur Nintendo 3DS. Ce sont en effet des souvenirs d'une série pas franchement docile qui remontent et des heures de galère à se battre à la fois contre des monstres énormes et un gameplay archaïque. Et pourtant, Monster Hunter 4 Ultimate réussit le défi de se moderniser juste assez pour faire mouche et réconcilier les joueurs découragés par ce trop plein d'élitisme.

Toi qui entre ici, abandonne tout espérance

S'il est vrai que Monster Hunter constitue à chaque nouvelle sortie un véritable tsunami dans les charts japonaises, son succès en Occident est lui, beaucoup plus confidentiel. Il était donc normal pour Capcom de rendre sa série un poil plus sexy pour tous ces gaijins pour qui Yian Kut-Ku évoque plus un pote de Mallaury Nataf qu'autre chose.

Résumer MH4U est finalement assez simple, puisque le but du jeu consiste tout simplement à réaliser des quêtes impliquant la plupart du temps à fracasser du monstre, sous des prétextes divers et variés. Capcom a fait l'effort de doter son titre d'un scénario plus consistant, qui servira de fil rouge au fur et à mesure que les missions se débloquent. Après avoir créé un avatar de toutes pièces, le joueur est invité à rejoindre une caravane itinérante et à se forger une réputation en venant à bout des créatures qui causent des ennuis aux populations qu'il croisera durant son périple. De très sympathiques cinématiques viendront d'ailleurs ponctuer les moments clés de l'aventure, histoire de faire croire au joueur que ce qu'il fait ici a un sens. On peut d'ailleurs saluer le sens de la mise en scène des développeurs, avec une grosse attaque de dragon dès les premiers instants du jeu. Mais in fine, ce n'est pas l'intrigue qui fait l'intérêt de MH4U.

Félynedra, tête de Tigrex !

Contrairement au sketch des Inconnus, il n'y aura pas de différence entre le bon et le mauvais chasseur, ce dernier n'ayant tout simplement aucune chance de survie ici bas. Une bonne préparation et une bonne maîtrise seront nécessaires pour espérer revenir sain et sauf à la caravane. Dit comme ça, ça peut paraître assez laborieux, mais la surabondance de tutoriaux permet de ne jamais se sentir totalement perdu. Les premières quêtes permettent d'ailleurs de se familiariser avec l'arsenal conséquent et de se choisir un style en se faisant la main sur un monstre dans une arène aménagée spécialement pour l'occasion.
Et là, c'est déjà un des points forts du jeu qui surgit: la variété du style de combat devrait contenter tout le monde. Qu'on soit un adepte du classique combo épée/bouclier, des armes de jet comme la fusarbalète et l'arc ou bien encore des haches et autres armes de mêlée, il y en a pour tous les styles. Et il est possible de changer de style à tout moment. Cet épisode introduit d'ailleurs deux nouvelles armes, à savoir la volto-Hache qui nécessite un temps de chargement pour déchaîner toute sa puissance et le déjà culte insectoglaive, qui combine l'agilité de l'épée et la force d'un Kinsecte qui ira titiller les ennemis en leur pompant de l'énergie ou en les aspergeant de substances aux effets variés. Mieux encore, le maniement de cette dernière lame permet au joueur de sauter à tout moment pour réaliser des attaques sautées, grande nouveauté de MH4U et de son gameplay très aérien. En sautant sur le dos d'un monstre, le chasseur déclenche une sorte de mini-jeu qui consiste à poignarder le dos de la bête sans se faire désarçonner, jusqu'à l'envoyer au tapis pendant quelques secondes, le temps de lui asséner quelques mandales vite fait, bien fait.
Une arme de choix qui séduira les débutants qui ne se seront pas orientés vers l'épée et le bouclier, dont la maniabilité et la possibilité d'utiliser des objets de soin sans rengainer en fait un avantage certain. Inconvénient, c'est aussi une des armes qui infligent le moins de dégâts.

Mais voilà, Monster Hunter reste Monster Hunter et la lourdeur du chasseur auront de quoi agacer les habitués d'A-RPG ou de BTA bien véloces. Le personnage est une véritable enclume, chaque mouvement est d'une lenteur abominable. On ne compte plus les fois où on se retrouve dans les choux pour avoir voulu se soigner en plein combat et qu'un boss a eu le temps de traverser toute la zone pour administrer le coup de griffe fatal. Mais c'est aussi ça Monster Hunter, d'où l'importance de coordonner ses mouvements et ne pas bourriner à tout va. Car la précision requise pour les affrontements est diabolique. Frapper un ennemi à la tête signifie, qu'il faut le frapper exactement sur le museau et pas à côté. D'où l'importance de jouer dans de bonnes conditions. Autant y aller franco : jouer à Monster Hunter 4 Ultimate sur autre chose qu'une New 3DS ou à défaut, d'être équipé d'un pad circulaire pro relève vraiment du calvaire. Manipuler la caméra avec la croix ou l'écran tactile, n'est absolument pas confortable et ce n'est pas le système de verrouillage, bancale et uniquement disponible pour les boss qui corrige la donne. Contrairement à un système de verrouillage classique, qui garde la cible en vue à tout moment, celui du jeu se résume à remettre le boss dans son champ de vision quand on presse sur la gâchette L. Autre détail assez déconcertant : l'absence de barre de vie des ennemis. Pour évaluer les blessures du boss, il suffit d'observer son comportement. Il bave ? C'est bon signe, il fatigue. Il rampe carrément en essayant de fuir ? La fin est proche. Il s'agira maintenant d'essayer de l'achever avant qu'il n'aille faire une sieste dans une autre zone.

 Néanmoins, une fois qu'on a pris le coup de main, MH4U se révèle diablement passionnant et carrément épique. Le boss apparaît, parfois après une petite cinématique d'introduction bien classe, son thème musical démarre et c'est parti pour le premier round. Les combats sont d'une rare intensité et la variété incroyable du bestiaire –les monstres ont vraiment de la gueule –  fait qu'on ne se lasse pas de partir en chasse. Chaque victoire est gratifiante car elle se mérite. Pas de fioritures ici, juste un chasseur et sa proie dans un combat à mort en milieu hostile. À cela s'ajoute une très belle réalisation même si quelques ralentissements viennent parfois gâcher la fête. Tout juste pourra-t-on compter sur ses alliés félynes, de retour dans cet opus pour assurer un maigre soutien pendant la lutte. Jusqu'à 2 camarades peuvent accompagner le chasseur dans ses quêtes mais il est possible d'en recruter pour se forger une véritable petite armée et faire tourner l'effectif.
Pour en arriver là, il faudra d'abord batailler dur et s'adonner à la deuxième passion du chasseur : le craft.

Hunter et contre tous

L'une des particularités de Monster Hunter est que la force du héros dépend en fait de son équipement. Pas de points d'expérience, pas de niveaux. Ce sont les armes et les armures qu'il faudra faire évoluer tout au long de l'aventure. Et pour bénéficier d'un équipement performant, il faut le fabriquer soi-même en trouvant les matériaux nécessaires dans la nature ou sur les cadavres encore tièdes des monstres terrassés. Et évidemment, les objets les plus rares seront aussi les plus difficiles à obtenir. La où ça se complique sérieusement, c'est quand il faut vaincre des monstres déjà puissants, d'une manière particulière. Par exemple, pour augmenter ses chances d'obtenir une corne de Gypceros, il faudra la lui briser durant le combat. Et forcément ça devient encore plus « drôle » avec, au hasard, un Dragon ancien…

Il en va ainsi pour tous les objets du jeu, à combiner, synthétiser, forger pour se faire un inventaire digne de ce nom. Une tâche qui paraîtra rébarbatives aux habitués des productions où il suffit de dépenser ses deniers dans une échoppe pour récupérer quelques potions. Plus tard dans le jeu, une ferme évolutive permettra de cultiver les matériaux de base nécessaires à la confection d'objets, d'abord rudimentaires, puis de plus en plus complexes. La complexité est d'ailleurs un élément qui reviendra souvent quand on débute. MH4U est un jeu d'une richesse inouï, ce qui constitue aussi son plus grand défaut. Le joueur est en permanence assommé de tutoriaux, d'options à ne plus savoir qu'en faire, si bien qu'il se retrouve noyé sous un flux d'informations permanent. A peine vous a-t-on expliqué comment améliorer l'équipement de vos camarades qu'on vous explique déjà que des talismans peuvent vous octroyer des compétences et des talents spéciaux.

Et les choses ne s'arrangent pas avec les options multijoueur. Non seulement le jeu est assez complexe à prendre en main à la base, mais quand une interface complètement à la ramasse s'en mêle, les choses se gâtent sérieusement. Le simple fait de trouver l'option pour se connecter requiert déjà un peu de jugeote. Et pourtant une fois que c'est fait, le jeu commence véritablement. Si Monster hunter 4 Ultimate est déjà fun en solo, l'expérience prend une toute autre dimension lorsqu'on rejoint 3 amis pour chasser en ligne et on peut enfin parler de « serious business ». La mise en place est laborieuse, certes, puisqu'il faudra se contenter de lobbies de 4 personnes et qu'en l'absence de moyen de communication, l'organisation des parties devra irrémédiablement se faire via texto/forum/hibou. Une fois ces étapes passées, on peut profiter de parties en ligne relativement stables et sans lag. La coopération sera le maître mot puisque les quêtes jouables en ligne proposent des monstres toujours plus puissants. Autant dire qu'en solo ou en multi, atteindre le mythique rang G demandera un sacré paquet de temps.

Conclusion

En mettant un peu d'eau dans son vin pour rendre Monster Hunter plus accessible aux néophytes, Capcom a réussi le pari de démocratiser sa série sans pour autant la renier. D'une richesse inouïe, Monster Hunter 4 Ultimate demandera de la persévérance pour délivrer sa substantifique moelle, mais après quelques heures de jeu, la machine est lancée et l'instinct de chasseur se réveille. Reste encore quelques problèmes d'interface assez lourdingues et une jouabilité calibrée pour un pad circulaire ou mieux, une New 3DS qui pourra en décourager plus d'un. Quoiqu'il en soit, s'il fallait choisir un Monster Hunter pour se lancer dans l'aventure, ça serait assurément cet épisode.

Les plus

  • La richesse incroyable
  • Belle réalisation
  • La diversité des styles de combats
  • Traduction de qualité
  • Épique
  • Le jeu en ligne
  • Le bestiaire

Les moins

  • L'interface bidon
  • Des tartines de tutoriaux
  • New 3DS ou pad circulaire pro fortement conseillés
  • Répétitif à la longue
  • Il faut s'investir au début

Partager