Bâton de joie

Blabla vidéoludique non influencé
et probablement orienté.
¯\_(ツ)_/¯
Mad Max - PS4, Xbox One

Mad Max, la menace insignifiante

Support : PS4 et Xbox One
Le 19/09/2015 - 14:44, par eboux

Si la saga Mad Max a connu un soubresaut artistique et s'est racheté une place dans le coeur du public avec le dernier film, Avalanche Studio a eu la lourde de tâche d'essayer de faire croire qu'une adaptation vidéoludique pouvait aussi être signe de qualité. Bon, il y a bien eu quelques erreurs de la nature de ci de là, mais dans l'ensemble, c'est souvent un fiasco. Pourtant les ingrédients sont là. Le jeu n'a aucun rapport avec le film et était même en développement depuis un sacré moment. Pour autant, est-ce que la malédiction a encore frappé ou s'agit il ici d'un bon élève. Ca, ce n'est pas dit.

Max et les ferrailleurs

Si nous devions présenter l'univers de Mad Max, nous commencerions forcément par décrire le monde post-apocalyptique dans lequel il évolue. Un cataclysme a eu raison de la civilisation et les kékés tuning qui faisaient le tour de la place du village les samedis soirs sont devenus légions, au point même que les sages ont tous disparus. Oui, la bêtise et la méchanceté règnent en maître et chaque rencontre est pire que la précédente. Le pourquoi du comment tout cela est arrivé, on s'en fout éperdument et c'est donc à partir de ce postulat qu'Avalanche Studio s'est lancé en piste.

Ici, sans lien avec les films, Max se promène en voiture quand d'horribles méchants le rattrapent, le tabassent et se barrent avec son engin. Bien sûr, notre héros au coeur sombre a eu le temps de tronçonner à moitié la tête de leur big boss. Il faut bien rajouter un peu de piquant dans l'intrigue. Oui, enfin, « intrigue » c'est un bien grand mot car cette scènette est la seule que vous allez voir avant un long moment car à partir de là, tout s'étiole, comme une dune de sable s'effaçant dans la tempête. Bon, on rencontre très vite Gollum qui, pour sa retraite a décidé de troquer sa lubie pour l'anneau unique en une autre un peu plus profitable pour Max : la mécanique.

Laissé pour mort dans le désert, sans voiture, notre héros est bien mal en point mais voilà, entêté comme il est, il se relève et part en quête de sa voiture, la fameuse Interceptor, avec Gollum, donc. Appelons-le de son vrai nom quand même : Chumbucket, ou Chum pour les intimes. Un mec qui va passer son temps à tripoter vos soupapes est forcément quelqu'un d'intime après tout. Voilà voilà, on se dirige donc vers le camp ennemi le plus proche où notre voiture est... désossée. Pas de bol. Mais Chum ne se laisse pas démonter lui, et nous propose de construire la voiture la plus terrible que le nouveau monde n'ait jamais connu pour nous aider à retrouver notre bolide ou se venger des méchants, on ne sait plus trop à partir de ce moment là. Bon disons que Max est furieux et qu'il a envie d'aller taper du méchant. C'est simple, concis et ça résume bien le jeu qui, de toute façon, ne raconte rien jusqu'à sa toute fin où le scénariste est revenu de vacances pour mettre un terme à votre douleur. Car oui, de douleur il est question. Décidément, les Max ne sont pas gâtés.

Max la menace

A bord de votre engin bricolé, vous allez prendre la route vers le désert. Disons le tout de suite, les paysages flattent un peu la rétine et sont sympathiques. Mais déserts. Pourtant qu'est ce qu'ils sont peuplés : des tours de sniper par-ci, des tours avec des cadavres en guise d'épouvantail par là, des petits camps ennemis avec 3 péquenauds qui attendent de mourir, des camps moyens avec plus d'ennemis, des grands camps avec plus d'ennemis et un boss qui se combat toujours de la même façon. Et au milieu de cela, des pièces de ferrailles et quelques photos souvenirs. Tous les 500 mètres, il y a quelque chose à faire mais, comme on s'en rend bien vite compte, c'est toujours la même chose et la liste ci dessus était presque exhaustive, c'est dire.

Pendant toute son aventure, Max va se pointer dans une nouvelle zone, trouver le camp du méchant local, l'écouter se plaindre que "bouuhhh le grand manitou qui terrorise tout le monde est mort mais son aura est tellement importante que son territoire est encore sous le joug de sa terreur". Bien sûr, il aura besoin de quelque chose de super important et rare à trouver ou difficile à faire, que notre héros refusera toujours avant d'accepter deux secondes après. Et oui, il faut dire qu'il s'ennuie lui aussi le Max et qu'il aimerait bien faire autre chose que de cramer son essence pour rien. Ce qui est génial, c'est qu'il n'y aura jamais besoin de chercher car même pour les choses rares, il sait exactement où elles se trouvent grâce à son plan. Déception au final puisque pour la plupart des missions, on vous envoie faire la même chose que le reste du temps, à savoir décimer des campements ennemis ou trouver des objets enfouis dans le sable, voir simplement perdus dans un coin. Oh il y a bien un ou deux décors plus sympa à explorer que les autres, mais à l'image de ces lieux abandonnés, ce sont sûrement des vestiges d'un autre jeu recyclés ici.

Max s'ennuie tellement que dès qu'il voit quelqu'un, foufou comme il est, il faut qu'il lui pète les genoux. Des fois par contre, il rencontre des gens qui ont entendu parler de lui, alors pour flatter son égo de sociopathe en puissance, il s'arrête pour les écouter. De temps en temps, d'autres personnes lui disent 'hey tu vois le camps là bas, bah il y a des défenses alors regarde partout avant de foncer dans le tas'. Mais souvent c'est trop tard car Max a déjà foncé tête baissée pour liquider tout ce qui bouge.

Si au départ de l'aventure, notre sauvage est plutôt faible, ne dispose pas de beaucoup d'essence pour son véhicule et se trimbale une gourde à moitié vide pour restaurer sa santé, cela ne va pas durer. C'est dommage car l'aspect survival aurait pu rajouter un petit quelque chose au jeu.
Mais ça c'était sans compter sur un gamedesign totalement foireux digne d'une construction Lego assemblée à partir de plusieurs jeux. Warner oblige, Max se bat comme Batman, avec les même ennemis qui attendent leur tour et affichent un gros Y au dessus de leur tête quand ils vont frapper. Personnellement, cela m'insuporte au possible et me donne l'impression d'être face à un jeu musical où, à partir du moment où l'on a le rythme, rien ne peut nous arriver. Niveau sentiment de puissance, on repassera donc et niveau violence, ce n'est pas non plus le trip ultime. Il y a bien un filtre brouillon qui vient se foutre sur l'image quand Max a rempli sa jauge de fureur et qu'il pète encore plus rapidement des genoux, mais cela reste bien timide. Au fur et à mesure de l'avancée dans le jeu, on débloque de nouveaux coups permettant de parer n'importe qui, de péter des boucliers à main nues et ainsi de suite. Bref, de devenir une vraie brute increvable. Dans les faits, on pianote toujours sur X avec de temps en temps un Y hein, rien ne change !

Non content d'être une bête sauvage, Max bouffe aussi les vers se baladant dans les entrailles des maccabés ou de la pâtée pour chien. Vous comprenez, c'est qu'il est un peu foufou notre héros et il lui faut bien survivre avec les moyens du bord. Mais attention, si vous rendez service aux gentils méchants de la région en collectant pour eux quelques bricoles dans le désert, ils vous feront le plein de santé, d'eau, d'essence et même de munition gratos. C'est cool parce-que moi je pestais d'avoir le tir au fusil disposé sur la même touche que descendre une échelle, ce qui me faisait péter un câble de gaspiller des munitions comme un con parce que je laissais mon doigt un peu trop longtemps sur le bouton. Donc voilà, en quelques heures de jeu, si vous êtes dans la merde niveau santé, essence ou autre, téléportez-vous (ouioui, c'est génial dans le futur il y a ce genre de chose qui ne coûte pas un centime d'essence) pour faire le plein.
La même chose lorsqu'une énorme tempête arrive. Au lieu de rester comme un con à chercher un abri puis attendre 10/15 minutes qu'elle veuille bien passer, allez vite fait dans le menu pour choisir votre destination préférée, et le tour est joué. Bon, on ne peut pas penser à tout quand on fait un jeu vous savez, on essaie de mettre des idées cool mais on se rend compte des fois un peu trop tard que ça ne fonctionne pas vraiment, voire même que ça ruine l'intérêt du titre.

Libre Max

D'ailleurs, Mad Max oblige, le gros morceau du titre c'est bien sûr la conduite de voiture. On doit bien passer les 3/4 du temps de jeu au volant de son bolide. Déjà c'est génial d'avoir un GPS dans le désert qui nous indique les routes à prendre. Oui, il y a des routes car vous savez, conduire dans le sable ce n'est pas pratique, alors autant rester sur le bitume à faire des détours de plusieurs kilomètres alors qu'en ligne droite avec quelque coup de nitro - qui est illimitée, elle - on irait plus vite. C'est d'ailleurs bien souvent ce que l'on fera histoire de ne pas trop perdre son temps avec ce tracé vert sur notre map car, à par un ou deux endroits, tout est plutôt plat et la ligne droite sera notre chemin favori.

En plus, rester sur la route, c'est risquer de tomber sur des ennemis qui aiment gaspiller de l'essence en faisant des boucles sur un périmètre bien défini. Ils appellent ça des convois, moi je vois juste la version post-apo du kéké qui fait des tours de place du village. Ceux là, on a encore plus envie de les taper que les planqués dans les camps. Alors on y va à fond de balle frotter sa carrosserie contre la leur en les faisant sortir de piste ou exploser. Là, c'est comme le combat et la survie, c'est difficile au début mais après c'est comme d'aller chercher le pain en trottinette, autant dire sans risque. On fonce en tirant dans un pneu pour immobiliser un véhicule, on tire au grappin pour éjecter le pilote ou mieux, on balance des harpons explosifs, comme ça pouf, c'est réglé encore plus rapidement. Mieux encore, la ferraille que les carcasses génèrent finira ramassée automatiquement (cf l'aide des chefs de régions). Bien sûr les voitures sont parfois un peu plus blindées mais comme notre équipement s'améliore vite, ça ne change pas grand chose à notre affaire. Si par hasard notre voiture est dégommée, il suffit de descendre quelques instant pour que Chum répare tout ça en un coup d'extincteur et deux trois coups de marteau. Là où on aurait pu avoir des courses poursuites passionnantes, on se retrouve à appuyer sur B pour un tir à visée automatique sur le véhicule le plus proche et pouf, explosion. Oh des fois, dans des endroits un peu plus confinés on peste pas mal contre le fait que, ambiance cinématographique oblige, tirer en automatique centre gentiment la caméra vers notre cible, nous poussant droit sur un rebord pour faire un vol plané gratuit. Car oui oui, la physique est parfois bien étrange.

Max peine

Excusez-moi si j'ai l'air un peu blasé quand j'essaie de vous pondre mon papier, c'est juste que pendant une bonne trentaine d'heure, je me suis royalement fait chier. Voilà, il fallait bien que ça sorte d'une manière ou d'une autre. Si on crache à la gueule d'Ubisoft avec ses maps remplies d'objectifs de collecte secondaire insipide, ici, c'est pire, tout est insipide. On arrive sur le premier ballon dirigeable de la région, on marque les points d'intérêt sur la carte et on se balade de point en point en appuyant mollement sur un bouton et les choses se font automatiquement. A croire que chez Avalanche Studio, on avait les pieds et poings liés pour sortir un jeu open-world alors que l'univers ne s'y prêtait absolument pas (un jeu de commande en somme). C'est vrai quoi, comment rendre un désert vivant et intéressant pour le joueur ? Il doit peut être y avoir une raison quelque part, mais sûrement pas en choisissant de remplir la carte avec quelques pauvres objectifs en mode copier/coller furieux. Oh il y a bien l'exploration des camps qui fait preuve d'un level design un peu plus intéressant par la suite puisque les objectifs de collecte sont mieux cachés, mais encore une fois, ça ne reste qu'un cache misère de ce grand néant ludique. Et puis, on pouvait se dire que les courses de voitures mises par ci par là nous tiendraient en haleine, mais non, c'était peine perdue aussi.

Si au moins le jeu affichait un bilan technique irréprochable, ça serait ça de gagné mais non, ce n'est même pas le cas. Il se paie des chutes de framerate vertigineuses souvent sans raison, mais quasi systématiques sur les poursuites de convois (là où le jeu devrait être le plus nerveux) dès qu'il y a plus de trois ou quatre véhicules et un peu de poussière. Ah si vous avez aimé les ralentis du Fury Road, vous aimerez peut-être, mais ça serait quand même du masochisme déguisé. En plus de ça, on se coltine des bugs sonores du genre "oh une tempête approche au loin" et d'un coup, les enceintes crachent l'enfer alors qu'à l'écran le ciel est encore dégagé.
Ajoutons aussi un niveau de charisme des personnages frôlant le néant et vous aurez compris qu'il n'y a vraiment pas grand chose à sauver de ce Mad Max. Ah je ne dis pas, si on aime faire des choses sans savoir pourquoi on les fait et que maladivement on aime bien nettoyer une map de fond en comble parce qu'on n'a pas d'autres jeux auxquels jouer pourquoi pas, mais ça ne vaut clairement pas la peine de débourser 70€ pour ça.

Conclusion

Mad Max est de ces jeux sans âme, la faute à une conception foireuse. S'il y a quelques bonnes idées cachées de ci de là, le tout est ensablé dans un open-world dont Avalanche Studio ne savait pas trop quoi faire pour le remplir à part mettre un maximum de choses absolument pas passionnantes à collecter/tuer/casser. Ressort aussi ce sentiment d'avoir un jeu en kit dont les pièces ne fonctionnent pas trop entre elles, comme ces combats à la Batman ou ces tempêtes qui ne servent à rien. Résultat, du début à la fin on s'ennuie royalement et ce n'est pas le fil conducteur qui fait office d'histoire qui nous passionnera. Bien au contraire, ces moules échouées sur la plage n'ont que peu de choses à dire et d'événements à vivre. Si au moins le bilan technique tenait la route ce serait ça de pris, mais non, même pas, là aussi c'est l'accident.

Les plus

  • Des paysages désolés sympathiques
  • Pas besoin de cerveau
  • Un max de véhicule et de customisation
  • Conduite agréable

Les moins

  • Combats insipides et boss répétitifs
  • Exploration répétitive
  • Ca rame sec
  • Sans queue ni tête ni émotion

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