Bâton de joie

Blabla vidéoludique non influencé
et probablement orienté.
¯\_(ツ)_/¯
Gods Will Be Watching - PC
Support : PC
Le 03/09/2014 - 23:20, par Asskicker

Orchestrée comme un film riche en rebondissements, la vie est faite de choix dont les conséquences peuvent atteindre des sommets insoupçonnés. Tarte à l’oignon ou tomate/mozza ? Caleçon Titi & Grosminet ou boxer moulé à la perfection ? Encens du Népal ou bougie à la pastèque de chez Ikea ? Une seule fausse note et c’est une folle nuit acrobatique avec l’être tant désiré qui est susceptible de passer à la trappe. Et si j’évoque ce sujet ô combien épineux, c’est tout simplement parce qu’il s’agit du concept intrinsèque de Gods Will Be Watching. Ou presque.

Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quelle étagère ?

De prime abord, le titre de Deconstructeam pourrait passer pour un vulgaire point & click qui pixellise, mais ce serait le rabaisser bien bas. Déjà, ses pixels sont relativement stylés. Ensuite, si la base du gameplay est encore plus sommaire qu’un Sam & Max, Monkey Island ou autre Deponia, il n’en demeure pas moins vicieux à un degré probablement jamais atteint à ce jour dans un jeu-vidéo. Mais commençons par le commencement je vous prie.

Gods Will Be Watching vous met dans le slilp d’un membre d’un groupe de mercenaires opérant pour le compte de Xenolifer. Mais au détour d’une mission, v’là t’y pô que tout ne se passe pas comme prévu et vous voilà dans de beaux draps. Viendront ensuite des questions métaphysiques sur la bonne conscience à oeuvrer pour le compte de pseudo terroristes, les motivations de tel ou tel camp, les conditions de chacun, etc… Mais au final, l’important sera de sauver ses miches, et surtout/accessoirement des personnes qui vous accompagnent.

La psychanalyse pour les nuls

Qualifier de point & click le titre Deconstructeam est un brin réducteur, aussi bien pour lui que pour le genre. En effet, il faut tout d’abord savoir que 6 des 7 chapitres du jeu se résume à un seul et unique écran. Et encore, dites-vous bien qu’il n’y a pas le moindre objet à trouver pour l’assembler avec un autre, de puzzle alambiqué à résoudre, ou autre mécanique apte à faire entrer votre cervelet en fusion. Non, ici vous vous retrouvez systématiquement dans une situation bigrement puante dans laquelle il faut composer avec moult contraintes afin d’espérer vous en sortir. Et j’aime autant vous dire que c’est vraiment tendax.

Prenons comme exemple le premier chapitre. Vous et vos collègues rebelles venez d’infiltrer un labo scientifique afin de chaparder des données nécessaires à la conception du virus Medusea. Manque de bol, vous voilà fait comme des rats, reclus dans la pièce, avec les forces de sécurité qui menacent de vous liquider. Seul élément pouvant faire pencher la balance en votre faveur : la présence d’otages. Sauf que ces relous sont susceptibles de paniquer, et de faire n’importe quoi : s’enfuir ou tenter de vous savater, ce qui finira mal dans tous les cas. Pour éviter que cela ne se produise, vous pouvez les calmer en les rassurant, en leur filant une mandale, ou en les mettant au calme dans une autre pièce. Sauf que s’ils sont isolés trop longtemps, ils fomenteront un plan pour se barrer. Sauf que si vous les battez trop, ils craqueront et tenteront une escapade désespérée. Pendant ce temps-là, vous devez aider vos collègues à pirater le système informatique, mais aussi à repousser les assauts des gardes. Si votre monnaie d’échange voit que vous êtes occupé à faire autre chose, idem, ils essayeront de se faire la malle. Si l’attaque se fait trop pressante, ils stresseront et essayeront de s’en aller. Bref, toutes les conditions sont réunies pour que les otages claquent les uns après les autres. Sauf que s’il ne vous en reste plus qu’un sous la main, les gardes vous balancent une grenade à la gueule, synonyme de game over qui impose de recommencer le chapitre depuis le début. Et là, dès les prémices du jeu, vous pétez déjà un boulard…

Car oui mes amis, Gods Will Be Watching peut représenter la frustration à l’état pur. Déjà, il est quasiment impossible de finir un chapitre du premier coup. Chaque situation proposée est différente avec son lot de vicelardises. Un premier essai est donc nécessaire pour comprendre grossièrement les possibilités qui nous sont offertes, mais aussi l’aspect psychologique découlant des événements qui nous sont dressés. L’ensemble a toutefois le mérite d’être régie par de la logique comportementale, et tout être normalement constitué devrait pouvoir s’en sortir. La question est de découvrir les limites fixées par les concepteurs du jeu. Prenons le cas de la séance de torture. Au bout de combien de sévices les corps finiront par lâcher ? Combien de secrets peut-on se permettre d’avouer avant que les tortionnaires jugent bon de ne plus avoir besoin de nous ? La pression est constante, et à chaque décision prise on se demande si elle fût la bonne, d’autant plus que le temps est parfois compté.

Erase and rewind

De ce fait, Gods Will Be Watching peut presque s’apparenter à du die & retry, mais à un rythme beaucoup plus lent, beaucoup plus long. Et c’est justement ça qui peut malmener les pauvres petits joueurs que nous sommes. Il faut le savoir, ici point de checkpoint, ni de quick save. Le tableau doit se torcher d’une traite, ce qui prend globalement entre 20 et 30 minutes environ. Bien entendu, une mort à 2 doigts de la ligne d’arrivée n’est pas à exempter, d’autant plus qu’il faut également composer avec des éléments aléatoires qui ne jouent pas trop en votre faveur. C’est un fait, du temps de jeu foutu à la poubelle, vous en cumulerez un paquet.

Les développeurs ne s’en cachent pas, leur chérubin est ardu, et c’est aussi son intérêt dans une certaine mesure. Cependant, à force de voir les joueurs les insulter sur les forums, ils ont fini par céder en ajoutant 3 nouveaux niveaux de difficulté au détour de la Mercy Update. Ceux-ci proposent par exemple de virer les éléments aléatoires, de vivre une simple aventure narrative, etc...

L’un des points clés pour parvenir à limiter la casse consiste tout simplement à bien surveiller les animations des personnages. A partir de là vous saurez dans quel état ils se trouvent (stressés, fatigués, assoiffés, etc…), et ainsi adopter un comportement en conséquence… mais il faudra parfois savoir faire des sacrifices, ce qui ne sera pas sans influencer la suite des opérations. A ce sujet, chaque fin de chapitre apporte son lot de statistiques selon les décisions prises par l’ensemble des joueurs du titre, à l’instar des épisodes de la série Walking Dead signée Telltale. A partir de là vous constaterez qu’il y a plusieurs façons de s’en sortir, certaines étant plus glorieuses que d’autres. Voilà qui assure donc à Gods Will Be Watching un bon niveau de rejouabilité. Pour 9 euros seulement, c’est du tout bon. Pour ce qui est de votre tension, c’est une autre question...

Conclusion

Avec peu, Gods Will Be Watching parvient à en faire beaucoup, ou au moins bien plus qu’il en a l’air. Puisant ses origines dans la 26ème édition du Ludum Dare dont le thème était le minimalisme, le titre commercial de Deconstructeam en conserve donc les stygmates. Mais qu’à cela ne tienne, la richesse est bien au rendez-vous avec des situations aussi sadiques pour les nerfs qu’un puzzle de Jigsaw des films Saw dont les issues sont aussi nombreuses que mortelles. Frustrant, Gods Will Be Watching l’est assurément et de ce fait il n’est pas à mettre entre toutes les mains. Cependant, pour 9 petits euros vous disposez d’un point & click & die & retry fortement axé sur la psychologie que vous apprécierez lancer de temps en temps par petites sessions pour tenter de déjouer le funeste destin de situations variées et stressantes, mais néanmoins prenantes.

Les plus

  • Situations variées et intéressantes.
  • Pixel art réussi.
  • L’aspect psychologique.
  • Pas mal de possibilités.
  • Bonne rejouabilité.
  • Petit prix.

Les moins

  • Frustrant, stressant, énervant.
  • Traduction FR pas terrible.
  • Pas de checkpoints.

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Commentaires

valentinesdayPortrait de valentinesday
12/09/2014 - 18:52

Pourquoi les notes ont-elles disparues??

Personnellement, ça me manque. J'aime qu'il y ait des notes. On voit en un coup d'oeil l'avis général.

ebouxPortrait de eboux
13/09/2014 - 02:05

Il faut cliquer sur la boite d'interrogation ;)

valentinesdayPortrait de valentinesday
14/09/2014 - 19:08

Diantre! Je n'avais pas compris...

Merci pour l'info en tout cas.