Bâton de joie

Blabla vidéoludique non influencé
et probablement orienté.
¯\_(ツ)_/¯
Gears Of War Ultimate Edition - Xbox One

Gears of War, Marcus renait de ses cendres

Support : Xbox One
Le 02/10/2015 - 13:59, par Rhyscard

Véritable fer-de-lance de la console Xbox 360 en son temps, Gears of War premier du nom était un excellent TPS qui apportait au genre quelques nouveautés notables mais qui n’était pas exempt de défauts. Cette version Ultimate offre une expérience de jeu extrêmement proche de la version originale du soft en termes de gameplay ou de level design, magnifiée cependant par une réalisation flamboyante.  Ainsi, l’escouade Delta reste l’escouade Delta, pour le bonheur des fans et le malheur de ses détracteurs, puisque l’ensemble du jeu est transposé dans les moindres détails, et c’est là que le bât blesse.

Ampli technics

Gears of War Tout Court était déjà visuellement superbe en son temps. Imaginez l’émoi des joueurs lorsqu’il fut présenté à l’E3 il y a près d’une décennie : le soft préfigurait ce qu’on pouvait attendre des consoles next-gen et la moindre publicité télévisée pour Gears faisait frémir le téléspectateur un tant soit peu impliqué dans le gaming. Véritable étalon de ce que pouvait apporter l’Unreal Engine sur un soft optimisé sur la console de la firme de Redmond, Gears of War Tout Court mettait en avant ses atouts cosmétiques jusqu’à plus soif. Gears of War Ultimate Edition s’est vu opérer une refonte graphique vraiment léchée, que ce soit au niveau des textures ou des divers détails inhérents aux armures des protagonistes. Les animations faciales sur un jeu de la franchise n’auront jamais été aussi sublimées. 

On notera en premier lieu le travail effectué sur la direction artistique : on reprochait à Gears of War Tout Court de tendre vers le monochrome assombri ? Soit, réunion chez The Coalition (le studio canadien à l’œuvre sur ce remaster) chapeautée par le directeur artistique d’où il émergera un nouveau cahier des charges. Ainsi, la rare végétation parsemant Sera prend des tons verts vifs, tandis que les différentes textures en intérieur comme en extérieur se voient plus nuancées. Ces divers détails sont mis en exergue du fait d’un renouveau du jeu sur les lumières, qui aura nécessité un travail d’orfèvre.

L’éclairage des textures se fait donc de façon à la fois réaliste et cinématographique, et l’effet « monochrome » inhérent à Gears of War Tout Court n’est plus qu’un souvenir lointain… Bien évidemment, Ultimate reste dans les tons sombres, on n’est pas dans le dernier soft à licence Walt Disney, mais bien dans un jeu de SF militaire post apocalyptique parsemé de protagonistes dépressifs (ce sont les derniers survivants d’une holocauste) usant à tout-va d’un humour cynique rappelant parfois les dialogues de films d’action des années 80. Le sound design reste peu ou prou identique à la version originale, et nul ne s’en plaindra, tant les accords de guitare électrique marquant la fin d’une joute sont emblématiques du bonheur que peuvent procurer les épisodes de la franchise.

Gimme all your lovin'

Beau, racé, fin et calibré, Gears Ultimate l’est sans nul doute, mais le bougre s’encanaille de l’IA buggée de Gears Tout Court. Vraiment dommage lorsqu’on sait qu’une refonte aurait pu être envisagée de ce côté ci par The Coalition, compte tenu du temps disponible. On estime peu vraisemblable que le soft remasterisé soit si gourmand en ressources, et ce au point de n’avoir à présenter au joueur qu’une série de locustes complètement décérébrés à défourrailler. Statiques la plupart du temps derrière leur couverture, les adversaires font régulièrement office de chair à canon pour l’infanterie CGU, et dès lors qu’ils tentent une charge, cette dernière est relativement prévisible : un coup de tronçonneuse et le tour est joué. 

Cela grève quelque peu un aspect tactique que l’on aurait souhaité davantage mis en avant. Malheureusement ce n’est pas tout, puisque les adversaires gérés par l’IA buggent assez souvent (en solo comme en coop). Il n’est pas rare de voir des locustes figés à certains endroits, dénués d’agressivité, ou serrés en rang d’oignon dans un coin du décor, l’air désoeuvré… L’IA gérant la CGU n’est pas en reste puisque certains comportements alliés sont tout simplement aberrant : on aura pu assister à quelques scènes étonnantes : Dominic Santiago perché sur un monticule sensé lui faire office de couverture alors que la menace locuste rugit à deux pas de là. Vraiment dommage…

Il faudra donc s’orienter vers le multijoueur (ultra fluide en 60 fps) afin de réellement profiter de l’aspect tactique que peut offrir Gears. A ce niveau, aucun problème d’IA à noter, bien évidemment, et aucun bug à repérer. Réellement plaisantes les joutes s’enchaînent jusqu’à plus soif pendant des heures et on en redemande, encore et toujours plus… Malgré ses défauts, donc, Gears of War Ultimate Edition est un très bon shooter, de l’acabit de ces défouloirs d’anthologie marquant l’histoire du jeu vidéo. 

Conclusion

Gears of War reste un excellent jeu d’action dans cette version reliftée, certes, et on prend un réel plaisir à arpenter les décors post-apocalyptiques de la planète Sera en dézinguant du locuste à tout-va. On aurait pourtant apprécié une refonte de l’intelligence artificielle, ou tout du moins un traitement approfondi des divers bugs d’IA, qui étaient le gros point faible à l’époque et qui perdurent dans Gears of War Ultimate. Doté d’une bonne durée de vie en solo et d’un multi plus qu’éprouvé, le jeu saura très aisément conquérir un public déjà acquis à sa cause, mais ne convertira pas les masses réfractaires. 

Les plus

  • Refonte graphique réussie
  • Couleurs et jeu sur les lumières magnifiées
  • Multijoueur fluide (60 fps) et complété par des maps issues des suites
  • Gameplay original fondateur conservé
  • Dialogues parfois hilarants en VF comme en VO
  • Musiques extra-diégétiques et sound design de gros calibres

Les moins

  • Bugs en pagaille en solo comme en coop
  • IA toujours aussi à l’ouest
  • Surenchère de mise en scène typée « film d’horreur »

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