Bâton de joie

Blabla vidéoludique non influencé
et probablement orienté.
¯\_(ツ)_/¯
Forza Motorsport 6 - Xbox One

Forza Motorsport 6, tout roule.

Support : Xbox One
Le 16/09/2015 - 10:40, par Rhyscard

La civilisation automobile, ses aspirations à améliorer l’Humain, à le soutenir dans son quotidien, dans ses déplacements, sa quête de compétition éternelle. Cette phrase d’introduction dénuée de verbe retranscrit parfaitement l’esprit de la cinématique d’intro de Forza Motorsport 6, parsemée d’enfants revêtant des casques de pilotes pro aussi bien que de bolides lancés à 300 à l’heure sur des circuits retors. Moins prétentieuse que l’intro de l’arlésienne Gran Turismo 5 tout de même, mais démontrant une ambition démesurée pour le titre, force est de constater que Turn 10 prend sa licence extrêmement au sérieux. Après tout, il s’agit ici de simulation, pas d’arcade fun accessible au tout venant. Ce serait pourtant mentir que d’écrire que Forza Motorsport 6 n’apporte pas son content de facteur fun, comme dirait Marc Albinet dans le très recommandable ouvrage « Concevoir un jeu vidéo ». Explications.

Une bien belle carrière

L’introduction du soft se fait sur le tout nouveau circuit de Rio de Janeiro, assez facile d’accès comparé à certains tracés classiques chers à la franchise. Premier constat, la conduite est toujours aussi agréable, voire un chouïa plus fluide et accessible, et le circuit est rutilant de magnificence. Second constat (Turn 10 nous y a habitué), le joueur est couvert de cadeaux en tous genres en tant que vétéran sur la licence : véhicules, centaines de milliers de crédits, etc. Le studio américain sait satisfaire les gamers fidèles. Enfin, le contenu s’avère gargantuesque et délectable, et met passablement  Forza 5 en retrait sur ce point précis. Le mode carrière, cette fois décliné en cinq sections retraçant l’Histoire automobile, offre pour chaque section divers championnats nécessitant différents types de véhicules ainsi que des conditions temporelles et climatiques de toutes sortes (journée, aube, crépuscule, pluie, flaques d’eau, sable…).

 

 

A ces éléments agrémentant le mode carrière viennent se greffer des « rassemblements », offrant la possibilité de participer à des courses uniques ainsi qu’à des chronos, entre autres. On pourra donc se prendre l’espace d’une course pour un pilote d’Indy car sur l’ovale de Daytona, alors que le mode carrière à ses débuts ne permet de piloter que des véhicules assez poussifs (mais idéaux pour se familiariser avec les circuits s’étalant dans les 26 environnements différents du jeu). Que dire devant tant de prouesse mécanique, si ce n’est que les sensations en Indy car à près de 400 km/h sont tout simplement extraordinaires. Que ce soit au niveau de la vitesse extrêmement bien ressentie ou au niveau du gameplay en conduite tout simplement exemplaire. De mémoire d’amateur de jeu de course automobile, rarement l’expérience aura été aussi grisante, aussi bluffante, aussi fun.

  Ces défis en « rassemblements » permettent ainsi de ponctuer notre carrière de pilote de pas mal de variété, mais on était déjà au fait de la méthode après avoir expérimenté les opus précédents. Une nouveauté apparaît par contre dans ce sixième épisode : il est en effet dorénavant possible d’agrémenter son véhicule de « mods » de trois types différents permettant entre autres choses d’améliorer son score en XP ou en crédits en fin de course. Certains « mods » sont permanents, d’autres ne sont valables que lors du parcours d’un seul circuit. Ainsi, on peut augmenter un peu la puissance de sa voiture, le freinage, l’adhérence, ou encore améliorer sa place sur la grille de départ. Les différents attributs peuvent bien sûr se combiner, et deux types d’améliorations différentes pourront augmenter d’autant plus la puissance du véhicule. Certains « mods » se présentent sous la forme de défis permettant donc d’améliorer ses scores : réaliser des virages parfaits, piloter en vue cockpit (fortement recommandé quoiqu’il advienne sur les Forza Motorsport, tant les sensations sont remarquables sous cet angle) sont autant de conditions à remplir. Loin d’être indispensables, ces défis et améliorations apportent tout de même un peu de piquant ludique au mode carrière.

Météo France

Très grosse nouveauté pour la franchise, les conditions climatiques qui ne sont, comme on le sait déjà, pas gérées en temps réel ou évolutives. Il est dorénavant possible de piloter sa Lotus Elise sous une pluie torrentielle au milieu de flaques d’eau éparses avec bien évidemment une visibilité amoindrie. Le rendu, l’expérience de pilotage par cette météo est tout simplement d’une qualité rarement égalée. La moindre flaque mal gérée conduit à l’aquaplanning, le moindre dérapage au frein à main  se concrétise par une sortie de route dantesque la plupart du temps. Le pilote virtuel devra donc complètement repenser sa stratégie de course par temps de pluie. Idéal pour renouveler le ressenti sur les circuits classiques de la franchise. De nuit, le pilotage s’avère encore plus délicat, nécessitant d’être nyctalope tant le ciel d’un noir d’encre réduit la visibilité. Mis à part les phares des véhicules ou encore quelques tribunes de ci de là un brin éclairées, il est quasiment impossible de se repérer grâce à une quelconque lumière. Extrêmement ardue à appréhender au début, la conduite de nuit devient pourtant un régal après un temps d’adaptation. Moins surprenante ou exclusive que le pilotage sous une pluie torrentielle, la virée nocturne effectuée sur Spa Francorchamps au volant d’une Alfa aura finalement remporté notre adhésion.

En multi, Forza Motorsport 6 ne déroge pas à la règle de ses prédécesseurs et apporte encore une fois une véritable satisfaction aux joueurs les plus exigeants, si tant est que ceux-ci ignorent le matchmaking et se retrouvent entre connaissances, complétant la grille de départ de la course par des drivatars au moins en difficulté pro. Il faudra également penser à jouer en mode simulation avec dégâts réalistes, si l’on souhaite éviter les courses de stock car accessibles au tout venant. Ce n’est pas de l’élitisme, mais simplement du bon sens. Les résultats des matchmakings laissant libre cours aux pilotages les plus délirants, nuisant parfois au plaisir de jeu. Après tout, Forza Motorsport n’est pas Forza Horizon… Toujours est-il que l’expérience procurée par le mode multijoueur est encore une fois des plus grisante. Gérer chacune des courbes du circuit Laguna Seca, pour ne citer que le fameux circuit présent depuis près de 10 ans dans les épisodes de la licence, est une bénédiction entre amis, et cette fois il s’agira d’appréhender les paquets de sable parsemant le tracé, ou tributaires de l’orientation du vent. Un régal.

Jette l'ancre, moussaillon

Les rares points noirs du jeu sont les quelques soucis de réalisation, les musiques parfois trop pompeuses ou encore quelques collisions assez farfelues. Un peu d’aliasing est effectivement à noter au niveau des lignes continues ou de certaines carrosseries. Etonnant puisque le quatrième opus nous avait habitué à une réalisation parfaite à ce niveau. Le support était différent, certes ; la Xbox ONE serait elle plus délicate à gérer au niveau des outils 3D que la Xbox 360 ? Cela semble être le cas en ce qui concerne le moteur des Forza Motorsport. Graphiquement également, on peut remarquer des éclaboussures à l’arrière des véhicules par temps pluvieux peu ragoûtantes. Mais force est de constater un travail titanesque accompli sur la modélisation des circuits : le rendu du bitume est superbe et les 26 environnements du jeu ont été capturés sur place avec un soucis du détail extrêmement minutieux. Au sujet des surfaces des pistes, à l’instar d’un Forza 5, on ressent les vibrations de la manette différemment selon le type de revêtement. Du grand art.

Les musiques sont malheureusement trop épiques pour être honnêtes. On aura tôt fait de les remplacer en ancrant une vidéo Youtube ou une radio TuneIn au soft. Mauvais point pour la ONE, d’ailleurs, puisque au contraire de la précédente console de Microsoft on voit son écran de jeu amputé en trop grande partie dès que l’on souhaite écouter ses propres morceaux sur un jeu de caisse en mode ancré. Dommage, vraiment. Enfin, on ne peut qu’être déçu par les collisions souvent farfelues et il n’est pas rare, dès qu’une pichenette est ressentie à l’arrière du véhicule de partir en une grande embardée dans le bas côté. Cela n’a toujours pas été amélioré au cours des développements des différents Forza depuis 10 ans. Encore dommage. Mais on s’habitue au soft et à ses quelques petits défauts, et le joueur exigeant pourra largement y trouver son compte. Forza Motorsport 6 est de loin la simulation de course automobile la plus aboutie sur consoles aujourd’hui.

L’intelligence artificielle a d’ailleurs été encore améliorée, véritable exploit lorsqu’on sait que 24 véhicules sont en piste dans cet opus. Dan Greenawalt, directeur créatif, nous l’avait d’ailleurs confié au début du mois de septembre, doubler le nombre de pilotes parcourant les circuits est la feature qui aura nécessité le plus de temps de travail aux équipes de Turn 10 et Playground Games (qui ont participé au développement de ce Forza). 460 bolides, 26 environnements, 24 voitures en piste sont autant de nombres que les équipes de développement pourront fièrement porter comme des médailles pendant les années à venir.

Conclusion

Forza Motorsport 6 est la simulation automobile la plus aboutie sur consoles au jour d’aujourd’hui. Malgré quelques défauts, la réalisation force le respect, aussi bien graphiquement qu’en terme d’intelligence artificielle. Le contenu du soft, au gigantisme frôlant l’hallucination permet très largement de voir venir ces deux prochaines années, au détriment d’une concurrence se faisant de plus en plus féroce. Quelques nouveautés au mode carrière (l’histoire de l’automobile, les « mods ») ainsi que la présence d’un multijoueur éprouvé appréhendable cette fois simultanément à 24 sont autant de cerises sur un gâteau déjà succulent. On redemande encore et toujours à dévorer les circuits répartis sur 26 environnements au volant de bolides évoluant sous une pluie battante, pour ne citer que cet exemple. Une addiction, certes, mais des plus plaisantes qui soit. Si vous passez outre les quelques défauts inhérents au dernier né de chez Turn 10 qui auront légèrement agacé l’œil aguerri de l’auteur de cet article, vous pouvez aisément rajouter un point à la note de cette critique. Chapeau bas aux équipes de développement et artistes ayant exercé leurs talents sur ce sixième épisode.

Les plus

  • Un mode carrière riche en ajouts et original
  • La conduite sous la pluie et de nuit, techniques
  • Les sensations extraordinaires en indy car
  • Le multijoueur à 24
  • Sans doute la meilleure IA pour une simulation automobile
  • La réalisation exemplaire…

Les moins

  • … qui pèche parfois (aliasing, éclaboussures)
  • Impossible d’écouter sa propre musique sans amputer une partie de l’écran via ancrage
  • Pas de météo évolutive

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