Bâton de joie

Blabla vidéoludique non influencé
et probablement orienté.
¯\_(ツ)_/¯
Captain Toad Treasure Tracker - Wii U
Support : Wii U
Le 19/01/2015 - 19:19, par Asskicker

Nintendo et la paresse créative, c’est un peu son dada. Mais qu’importe car le filou parvient toujours à caresser les joueurs dans le sens de l’urètre avec des gameplay aux petits oignons. En ce sens Captain Toad Treasure Tracker est clairement la nouvelle prise en flagrant délit de ce constat qui peut éventuellement blaser les plus ronchons. Le résultat est là : les détesteurs continueront de détester, mais les autres se laisseront une fois de plus séduire par le Nintendo Seal of Quality.

Fez-toi plaiz’

Les férus de la marque le savent déjà, Captain Toad Treasure Tracker est en fait un jeu à part entière qui puise ses origines dans les niveaux bonus du dernier Super Mario 3D World. Fort heureusement, il a tout de même été enrichi de poudre de perlimpinpin par-ci par-là afin de ne pas se faire houspiller par le peuple d’en bas. Voilà, maintenant vous comprenez le pourquoi du comment de l’intro.

Le principe est fort simple : ce cher Toad que vous incarnez se retrouve propulsé dans une moultitude de petits niveaux de formes cubiques dans lesquels il devra péchow l’étoile synonyme d’objectif final. Pour ceux qui ont la win, il faudra également mettre la main sur les 3 diamants, remplir un objectif secondaire dont la nature se révèle une fois le premier run accompli (trouver le champignon en or, récupérer tant et tant de pièces, ne pas se faire repérer par les Maskass, etc…), ou encore torcher la map sous une limite de temps sacrément tendue du slibard.

Là où c’est finement joué, c’est que le level design de ces niveaux cubiques regorge de fourberies pour nous cacher ce qui nous intéresse. D’où l’intérêt (et même l’obligation) de pivoter la caméra pour révéler passages à emprunter, et autres items à récolter. Et là stupeur, le joueur aguerri pense inéluctablement à Fez, mais en version light et bien moins capillotractée pour le cerveau (ouf). Qu’on se le dise, Captain Toad s’adresse à un public assez jeune de par sa difficulté relativement légère, même si quelques rares séquences (comme les boss... quoique…) et objectifs annexes demandent un poil plus de dextérité.

Réfléchis avec tes doigts (et ta bouche)

Et de la dextérité, il en faudra de toute façon un minimum pour palier aux faiblesses de notre champi’ apprenti Indiana Jones incapable de sauter ou de castagner les vils faquins qui se dressent sur son chemin. Il est toutefois prompt à les écraser en leur tombant dessus, à leur jeter un radis fraîchement déterré à la face, à les massacrer grâce à une pioche aux effets dévastateurs limités dans le temps, ou encore d’user à quelques reprises d’un canon à bord d’un wagonnet ou en plein niveau. Donc à moins d’avoir le matos adéquat dans les mimines, il va falloir jouer de l’esquive, voire même de l’infiltration (mais pas trop non plus) pour ne pas liquider toutes ses vies en un temps record. Mais pas de panique, au pire vous pourrez en refaire le plein au détour de niveaux spéciaux sous couvert de mini-jeux bien défoulant.

Bien entendu, vous pourrez également compter sur toute l’intelligence des architectes de Nintendo qui ont accouché de niveaux et de mécaniques admirablement bien moulés et huilés avec amour. Ceux-ci ont eu le bon goût de privilégier l’apport régulier de nouvelles situations à petites doses plutôt que de surfer sur le recyclage incessant, souvent synonyme de lassitude. Surfaces à déplacer et bouts de niveau à faire pivoter en touchant l’écran tactile, plateformes qui deviennent mouvantes en soufflant dans le micro, rail-shooting dans un chariot, utilisation d’un clone ou de plusieurs camarades champignon pour activer des mécanismes, etc…, le périple se veut varié et pour le coup c’est du tout bon, d’autant plus que les stages sont assez nombreux (plus de 70, même si certains sont des variantes)... mais hélas assez vite torchés.

Comptez ainsi sur 4 bonnes heures pour essuyer les 3 épisodes en ligne plus ou moins droite (puisqu’il faut quand même obtenir un certain nombre de diamants pour pouvoir progresser), et probablement le triple pour tout essorer, épisode bonus compris. Bien que les niveaux de ce dernier soient bien moins riches en terme d’éléments à collecter (l’étoile finale et puis basta), il faudra néanmoins récupérer tous les diamants du jeu de base pour pouvoir accéder à tous ses stages. Voilà qui devrait assurément combler les adeptes du 300% que Nintendo chéri tant.

Conclusion

C’est le nouveau concept du jour que Nintendo vient de nous sortir du four : prendre un mini-jeu d’un titre existant pour en faire un autre jeu complet. C’est culotté mais force est de constater que la formule fonctionne à merveille tant elle a été élaborée avec intelligence, aussi bien en terme de gameplay que de level design. Il n’empêche qu’à 50 balles la galette, ça fait quand même un peu cher compte tenu de la relative légèreté du contenu (tout aussi agréable soit-il) qui mise énormément sur la rejouabilité et le retroussage complet. Mais au diable l’avarice, dans la vie il faut savoir se faire plaisir et malgré cette tare, Captain Toad Treasure Tracker pourra aisément contribuer à votre quota de petits plaisirs coupables annuels tolérés.

Les plus

  • Gameplay au poil.
  • Level design nickel.
  • Beau comme un jeu Nintendo.
  • Bonne rejouabilité.
  • Entièrement jouable sur le gamepad.

Les moins

  • Contenu un peu léger malgré tout…
  • … et du coup vendu un peu trop cher.

Partager