Bâton de joie

Blabla vidéoludique non influencé
et probablement orienté.
¯\_(ツ)_/¯
Bayonetta 2 - Wii U
Support : Wii U
Le 13/10/2014 - 14:57, par eboux

Ressortir de sa boite une sorcière sexy-badass, telle est l'idée de génie du plombier moustachu prêt à tout pour donner un coup de fouet à la notoriété de sa console auprès des gamers. Le pari est osé - au moins autant que les postures que prend la demoiselle - et il fallait bien tout le talent de PlatinumGames pour transformer l'occasion en autre chose qu'une histoire sans lendemain. Bayonetta 2, chronique d'un envoûtement sans accrocs.

Witch ô ma witch

Gros plans sur des entrejambes, caméra qui colle au plus près des combinaisons moulantes, pas de doute, le bon goût est bien de retour pour le plus grand plaisir des aficionados du B voire du Z. Des culs, des boobs, du gore, du SM, tels sont les ingrédients de la recette qu'applique à nouveau Bayonetta pour essayer de trouver son public. Que ceux qui n'ont pas apprécié la gaudriole la première fois passent leur tour. Pour aller jusqu'au bout du bout, la mise en scène toujours kitsch à souhait joue et surjoue de cela pour mieux se tourner en dérision. Seulement, il serait dommage de s'arrêter à cette image décadente pour résumer le jeu.

Ceux qui attendent de Bayonetta 2 qu'il gomme les principaux défauts du premier opus peuvent aussi passer leur chemin. Le grand-guignol allant de paire avec le kitsch, l'histoire ne vole pas haut. Et si le pitch de départ (aller sauver l'âme de Jeanne au fin fond des enfers) pouvait encore passer, les personnages rencontrés (nouveaux comme anciens), les situations ou la mise en scène des phases de dialogue, rien ne vient remonter le niveau par rapport au précédent opus. Que ceux qui attendaient de ce beat them all une expérience métaphysique digne d'intérêt, ou au moins une histoire digeste, peuvent se mettre à grincer des dents, il va falloir se contenter d'autre chose pour apprécier l'expérience.

Kamiyamiya

Mais qu'est ce qui peut bien rester à Bayonetta pour plaire ? Eh bien tout le reste : le gameplay, la richesse des combos, la générosité dans le contenu, le rythme effréné, mais surtout ce petit plaisir coupable face à tout ce nawak. Certes, tout ne fait pas mouche. A commencer par les combos par exemple. Ils sont tellement nombreux que machinalement on en retiendra que quelques uns qui fonctionnent bien, et on les répétera souvent. De ce fait, on enchaine facilement les esquives (le timing semblant plus permissif qu'auparavant selon les difficultés) et on botte des fesses avec grande joie en essayant de déclencher un châtiment. Heureusement, les différentes armes viennent apporter de nouveaux combos et varient assez bien l'approche face à certains ennemis. D'ailleurs, si vous souhaitez vraiment profiter du jeu, commencez dans le niveau de difficulté maximum, sinon vous enchaînerez les 16 chapitres assez rapidement, sans presque jamais mourir.

Au niveau du contenu, il suffit d'une petite dizaine d'heures pour arriver au bout de l'aventure. Mais pour autant, vous serez encore loin d'avoir tout fini.Déjà, le scoring vous poussera à refaire les niveaux pour améliorer vos stats et cumuler un peu de monnaie afin de vous acheter combos, armes, objets et équipements. Et il faut reconnaitre que ces items bonus ou ces costumes ne sont pas là juste pour la décoration, ils apportent aussi leur lot de surprises et de bonus non négligeables.Ensuite, vous aller passer à côté de détails dans l'exploration qui vous donneront un score incomplet aussi. Cela donne une bonne raison pour faire et refaire les niveaux dans une difficulté de plus en plus corsée, chose qui plaira aux habitués du genre, d'autant plus que des défis spéciaux sont à trouver et à relever. Ils permettent de gagner des coeurs de vie ainsi que de l'énergie en plus, et ils sont parfois bien cachés.

Un mode multijoueur nommé "Double Apothéose" fait aussi son apparition histoire de vous pousser à aller encore plus loin dans le scoring. Au fur et à mesure de l'aventure, vous débloquerez des cartes spéciales qui vous donneront accès à des combats particuliers. A vous d'enchainer les joutes en ligne avec un comparse de fortune en pariant des sous pour en gagner encore plus. La chose n'est pas assez développée pour tenir en haleine de longs mois les joueurs, mais cela permet de se faire de l'argent facilement tout en se défoulant, ce qui n'est déjà pas si mal.

Toute la richesse dont faisait déjà preuve le premier épisode est toujours présente ici, la Kamiya's Touch, en quelque sorte. Car finalement, les nouveautés sont peu nombreuses, mais le tout est assez maitrisé pour faire passer la pilule sans problème. Oui on pourrait crier à la suite fainéante, mais ce serait forcément bouder son plaisir. Le bestiaire assure le renouvellement et la mise en scène décomplexée suffisent à scotcher le joueur devant son pad. Tout va vite encore ici, et le spectacle est parfois incroyable pour ne pas dire brouillon. Certains combats se dérouleront dans les airs ou sous l'eau, mais ceux ci sont assez peu marquants au final. On préférera les joutes au sol plus dynamiques dans les déplacements, mais moins impressionnantes en terme de mise en scène. En tous cas, on ne pourra pas reprocher au jeu de n'avoir répété qu'un lot de couloir à ennemis. Les situations de combats sont variées même si inégales, à l'image de cette phase de surf un peu ridicule ou ces combats en mecha assez moyens.

C'est pas sorcier

Si Bayonetta premier du nom divisait techniquement en fonction des supports sur lesquels on y jouait, cette suite fait table rase des problèmes techniques rencontrés auparavant. L'action démesurée est toujours fluide, quelles que soient les conditions, et parfois les choses qui se déroulent en arrière-plan sont tellement énormes que l'on aurait envie de s'arrêter de combattre pour mieux en profiter. L'aliasing est peu présent, ce qui fait toujours plaisir. Certes, la Wii U ne joue pas dans la cour des next-gen, mais le jeu est techniquement très solide, ce qui suffit amplement à ne pas bouder son plaisir. La caméra pose un peu moins problème que dans le premier opus, ce qui est une bonne chose pour apprécier au mieux l'action sans se prendre des fessées non-anticipées.

Pour ceux qui n'auraient pas eu l'occasion de tâter ce que l'on peut maintenant appeler une série, le premier opus est proposé gratuitement aux premiers acheteurs. Force est de constater que le portage n'a pas été fait à-la-va-vite et se présente réellement comme la version ultime du titre. Pouvoir revivre l'aventure dans des conditions descentes, avec quelques bonus en prime, est une bien bonne chose dont vous seriez bête de passer à côté.

Conclusion

Bayonetta 2 est-il la bombe attendue ? Oui et non. Oui, car il procure un plaisir inébranlable pour une aventure au rythme endiablé, le tout blindé de fan service et de bonus à gogo. Non, car cette suite ne propose pas forcément de nouveautés marquantes qui viendront réconcilier ceux qui n'avaient pas apprécié le premier épisode. La prise de risque était déjà assez grande pour Nintendo et Platinum Games qu'il est logique de voir que le travail fourni est dans la même veine et qu'il plaira forcément au public déjà acquis. Pour les petits nouveaux, c'est le moment de savoir s'ils aiment ou non cette tonne de kitsch qui peut s'avérer follement attachante. Par contre cette suite peut se targuer de fournir une partie technique inattaquable, ce qui compte déjà beaucoup dans le plaisir de jeu.

Les plus

  • Un gameplay toujours aussi plaisant.
  • Une richesse de contenu et de fan service de tous les instants.
  • Une bonne durée de vie.
  • Une bonne dose de folie démesurée .

Les moins

  • Certains passages moyens.
  • L'histoire OSEF.
  • Réalisation trop cheap par moment.

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