Bâton de joie

Blabla vidéoludique non influencé
et probablement orienté.
¯\_(ツ)_/¯
Assassin's Creed Unity - PS4, Xbox One
Support : PS4 et Xbox One
Le 08/12/2014 - 22:45, par Dayton

Assassin’s Creed c’est la licence juteuse à souhait d’Ubisoft. Initialement présentée comme une trilogie, la franchise est depuis devenue la poule aux oeufs d’or annuelle que l’éditeur se plait à nous décliner à toutes les sauces. C’est commercialement compréhensible mais cela s’est fait souvent en dent de scie avec des épisodes largement moins bons que ce qu’ils auraient dû être. Cette année les promesses étaient une fois de plus totalement folles avec un Unity présenté comme le premier vrai pas de la franchise dans la nouvelle génération et ses possibilités hallucinantes. La capitale française fait son entrée par la grande porte avec la révolution française en toile de fond. Là encore on veut y croire mais une fois mis de côté le chauvinisme national que reste t’il du blockbuster français et de sa formule qui commençait franchement à tourner en rond ?

ARNAUD TSAMERE

Le petit Arnaud passe son enfance dans la bourgeoisie versaillaise. Un matin son assassin de papounet se rend au château pour un entretien, somme toute banal, mais fini abattu sur le sol avant le repas du midi à la cantine. Recueilli par des amis templiers le voilà adulte et amoureux en secret de la fille de son mécène, Elise de la Serre. Le destin aimant jouer les trolls, un soir son père adoptif fini lui aussi par trépasser laissant le pauvre Arnaud doublement orphelin en plus d’être accusé du crime. Emprisonné dans la célèbre prison de la Bastille notre héros va profiter de sa chute pour prendre la poudre d’escampette et ainsi commencer son enquête pour retrouver les vilains pas beaux à l’origine de ses malheurs. Fraîchement promu assassin, le voila donc parti à l’aventure dans les rues de Paris sur le point d’exploser.

 

 

Par bien des aspects Assassin’s Creed Unity fait penser à l’épisode 2. L’histoire se concentre en effet sur son personnage principal et le développement d’Arnaud fait largement écho à celui d’Ezio. Sachant que ce dernier est certainement le personnage le plus populaire de la franchise , il ne faut pas aller chercher bien loin la raison de ce choix de la part d’Ubisoft. On suivra ainsi la petite enfance du français jusqu’à son ascension au titre de maître assassin et il ne faudra pas en attendre beaucoup plus. Le scénario est en effet un modèle de non-prise de risque et reste largement sous exploité. Oubliez la méta histoire ici réduite à sa plus simple expression. On sent clairement que cette dernière commence vraiment à devenir un problème pour l’évolution de la série. Difficile en effet de ne pas partir dans tous les sens lorsque l’on compte fournir des jeux chaque année. C’est clairement un problème et aussi l’une des probables raisons au fait que cet Assassin’s Creed ne possède pas de numéro canonique. Les fans pesterons sûrement devant leur écran puisque depuis la fin du trois et son cliffhanger qui devait emmener la série vers de nouveaux horizons, on assiste à un revirement de la part des scénaristes qui préfèrent désormais se concentrer sur le parallèle entre Abstergo et Ubisoft. On brise le 4ème mur en substituant Desmond dans l’animus par le joueur devant la télé mais du coup on jette aux ordures une partie de ce qui faisait le sel de la série.

On aurait aimer croire que si la partie « réelle » était éludée, l’histoire de la révolution allait par contre être exploitée à fond. Désolé de vous décevoir mais il faudra chercher ailleurs pour une immersion dans cette période troublée de France. La trame reste largement en retrait, bien plus que dans Assassin’s Creed 3 ou Connor était actif dans les évènements du pays. Bien entendu quelques missions nous font passer par des endroits et des assemblées clés de cette époque mais c’est trop souvent en arrière plan comme une toile de fond très vague qui laisse largement un sentiment de tromperie vu la façon dont on nous l’avait vendu. Les rues de Paris sont ainsi en ébullition mais il en va de même manette en main, jamais l’ambiance ne parvient à nous happer comme elle le devrait et Arnaud semble un spectateur bien lointain d’évènements qui ne le concernent pas et dont il à l’air de totalement se moquer. Nous ne parlons pas ici de graphisme que l’on soit bien clair mais d’ambiance. Ces petits détails qui permettent une grande immersion à la manière du sound design de Red Dead Redemption ou encore de l’art déco de Rapture dans Bioshock. Il manque à Unity un surplus d’âme et ce phénomène est flagrant devant les rassemblements de foules en colères. Il suffit en effet d’observer la plèbe regroupée devant Notre Dame ou l’hôtel de ville pour, une fois passée la surprise du nombre, avoir la désagréable impression que tout ceci est scripté de A à Z et que la scène semble être tout droit sortie d’une attraction Disneyland type pirate des caraïbes avec ses mannequins inexpressifs.

EVOLUTION

Un monstre graphique n’a jamais été gage de qualité et on se souvient qu’avant sa sortie Assassin’s Creed Unity a été la cible d’une polémique portant sur sa résolution ainsi que son frame rate. On passera sur la fluidité de la version PS4 catastrophique au départ puis corrigée à l’aide de nombreux patchs pour s’intéresser à la définition. Ubisoft avait tenté de se défendre en argumentant à raison que 900p sur nos consoles c’était déjà largement suffisant pour profiter d’une expérience généreuse. Pourtant et c’est peut être là une réflexion de vieux con, force est de constater que visuellement ça se voit et que le jeu n’est pas totalement à la hauteur des ambitions qu’il affichait. Finalement le 1080p fait cruellement défaut car en plus de ne pas être très net, les graphismes sont clairement entre deux chaises. Parfois splendides (surtout pour les intérieurs) Paris possède aussi un coté plus sombre avec un brouillard assez perturbant mais surtout une distance d’affichage en dessous de ce que l’on pourrait attendre. Prenez un peu de hauteur et les rues se vident comme par magie. Partez de 100 mètres de la cathédrale en vous rapprochant et voyez les miracles de la maçonnerie de l’époque avec ses détails qui apparaissent au fur et à mesure. On nous répondra que c’est sans doute à cause du nombre de PNJ présent dans les rues qui est lui vraiment impressionnant, seulement à vouloir à tout prix rendre Paris grouillante de vie on en vient à limiter les détails et plus grave, provoquer du popping à tous les coins que ce soit de personnages ou d’éléments de décors.

On est un peu dur c’est vrai mais malgré ses nombreuses qualités, l’impression générale qui se dégage c’est d’observer un jeu très légèrement supérieur aux versions des générations précédentes et qui semble déjà un peu en retrait face à un GTA V remis au goût du jour. Phénomène d’autant plus dommageable qu’un véritable effort à été appliqué sur le level design de la ville. On a enfin droit à des bâtiments et des passages entre les immeubles un peu partout et il est rare de trouver un secteur sans un bar dans lequel entrer ou encore une fenêtre permettant de passer de l’autre coté de la rue en un instant.

Fort heureusement pour lui, Unity ne sera pas seulement jugé sur son enrobage mais aussi sur son gameplay et son plaisir de jeu. C’est dans cette catégorie qu’il excelle et que l’on peut noter le plus d’améliorations par rapport à ce à quoi la série nous avait habitué. Là encore pas de révolution mais de nombreux petits changements salvateurs qui rendent le tout bien plus fluide et fun. Il est probable que les réfractaires aux anciens n'en seront toujours pas satisfaits ici mais les autres y trouveront juste ce qu’il faut de nouveauté pour libérer un gameplay et une structure jusque là bien trop linéaire. Les déplacements sont bien plus libres et on commence enfin à se retrouver véritablement maître de notre parcours après des années de simplification à outrance. Désormais les automatismes sont moins présents et vous aurez le choix entre une course de type haute et une autre de type basse. Concrètement cela influe surtout sur la direction que doit prendre Arnaud mais en phase de jeu on prend ainsi beaucoup plus de plaisir en étant bien plus précis sur les façades que l’on désir escalader ou descendre. La course basse permet ainsi de se faufiler sous certains éléments du décors mais surtout d’obtenir une descente contrôlée et fluide sans risque de se retrouver à faire un saut dans le vide synonyme de désynchronisation.

Si les ennemis ne sont toujours pas adeptes de l’attaque coordonnée, ils sont bien plus enclins à vous attaquer dans le dos ou lorsque vous êtes déjà en train de combattre. Moins systématiques, les parades et contre attaques demandent désormais un timing un chouia plus exigeant symbolisé par une pastille de couleur au dessus de votre assaillant. Ce n’est pas vraiment transcendant mais cela suffit pour avoir enfin l’impression d’être en difficulté devant plusieurs ennemis et l’évolution est à souligner puisqu’elle prouve que Ubisoft entend les critiques et est disposé à rendre son jeu plus exigeant. Les combats et missions sont d’ailleurs maintenant bien plus dépendants de votre niveau ainsi que de votre équipement avec une difficulté directement liée à ces derniers. Unity développe ainsi considérablement son coté RPG avec des pièces d’armures (tete, bras, corps, jambe) aux statistiques propres et d’armes aux différentes capacités. Pour vous procurer tout ceci il va vous falloir du flouze et un max. C’est ce qui rend le jeu addictif soit dit en passant car il vous faudra constamment tenter les missions annexes pour récupérer de quoi vous rendre plus beau et plus fort.

(R)EVOLUTION

Les combats ne sont pas les seuls à profiter d’une mise à jour qui fait plaisir puisque les missions ont enfin été revues de A à Z et deviennent désormais bien plus proche de ce qu’elles auraient toujours dû être. Les missions principales sont bien plus ouvertes et apportent un vent de fraicheur qui change complètement la façon dont on les appréhende. Il faut d’abord savoir qu’un mode infiltration a été implémenté. Oui alléluia, il aura fallu attendre à peine 7 ans pour que notre assassin apprenne à se baisser et à marcher silencieusement. Si on passe sur ce petit troll gratuit on notera qu’une simple pression sur la gâchette gauche enclenche la furtivité qui permet de se planquer et d’avancer à pas de loup. On peut se planquer derrière des éléments du décor et enfin mettre au point de vraies stratégies d’approche. Les missions en profitent indéniablement puisque bien souvent il sera question d’environnements ouverts avec une cible qui se déplace. A partir de là, vous êtes seul maître à bord et à vous de privilégier la technique qui vous conviendra le mieux. On se rapproche grandement du tout premier épisode mais en version beaucoup plus souple. Libre à vous d’ailleurs d’effectuer des missions annexes incluses dans ces passages pour vous apporter des aides et autres voies d’accès. C’est propre et on apprécie l’initiative. Le système demande néanmoins un équilibrage pour les prochains opus puisque malgré tous ces bons points,q cela reste encore un tout petit peu scripté et on sent que la courbe de progression est encore grande avant d’arriver à la perfection du gameplay.

Niveau contenu Assassin’s Creed Unity ne lésine pas et propose vraiment une myriade d’activités annexes. Enquêter sur des meurtres, jeux dans des failles spatio-temporelles vraiment fun, assassinats annexes, quêtes d’armures ou encore coffres ou cocardes à trouver, il va vous falloir de nombreuses heures pour tout découvrir. Certaines de ces missions secondaires ne sont franchement pas folichonnes mais l’ensemble permet une dynamique bienvenue qui se traduit surtout lorsque l’on est en freeroaming. Baladez-vous 5 minutes et dans toutes les directions autour de vous un point apparaîtra sur votre radar. C’est bien simple, il suffit d’afficher la carte avec tous les repères affichés pour se retrouver face à un amas gigantesque qui donne le vertige. On y voit presque plus les rues. Ce détail donne à réfléchir quant à la taille de Paris. On revient ici à la remarque sur le numéro canonique absent. Assassin’s Creed Unity fait beaucoup penser à Brotherhood. Une grande ville et un bon jeu qui malgré tout, semblent limités dans leurs tailles et leurs ambitions. Alors est-ce qu’un cap a tout de même été franchi ? D’un certain point de vue oui, d’un autre non et si la densité générale de la production fait véritablement next-gen, il est certain que l’ensemble n’a clairement pas la profondeur de la première apparition d’Ezio et que malgré tout le bullshit des marketeux vantant une vraie expérience next-gen, nous n’en voyons que les prémisses et qu’il faudra attendre qu’Ubisoft se décide à espacer les sorties pour retrouver les ambitions affichées par les deux premiers. On sait désormais que l’année prochaine nous aurons droit à un assassin’s creed codé Victory dans le Londres victorien. Il est déjà clair que ce ne sera pas non plus pour cette fois. On rêve de la période japonaise ou encore égyptienne et au retour d’une histoire travaillée et surtout d’une carte comprenant plusieurs villes.

Coordination

Si d’aventure vous vous ennuyez un peu en solitaire sur la longueur, cet épisode apporte un multijoueur vraiment agréable. Si les missions cache-cache des anciens opus n’étaient pas désagréables du tout, cette fois, le multijoueur affiche une plus grande ambition et s’implémente directement dans l’aire de jeu. Nul besoin de passer par des menus pour lancer des activités, il suffit de parler aux bonnes personnes sur la carte ou simplement de passer par la carte et l’icône correspondante. Au niveau du matchmaking, vous pouvez jouer en privé ou en public et bien sûr inviter des amis à votre session. Et il en faudra des amis pour bien s’amuser convenablement.

Qu’il s’agisse de missions de vols ou d’assassinats, la coordination est nécessaire, à deux comme à quatre joueurs. Certaines missions vous feront recommencer au tout départ si l’un de vous est désynchronisé. Bien sûr, vous pouvez relever vos amis mis au sol durant un laps de temps avant que la désynchro ne soit effective mais comme il s’agit souvent de se diviser les tâches pour avancer plus vite, vous serez souvent loin de vos équipiers. Choisissez donc bien vos partenaires si vous ne voulez pas vous coltiner des boulets qui foncent tête baissée vers les ennuis ou les manchots qui meurent toutes les deux minutes.

Introduites brièvement par une cinématique, chaque mission dispose d’une petite histoire agréable qui montre bien le travail de mise en scène plus abouti de cet épisode. De plus, elles se situent souvent dans un lieu de la ville inexploité par l’histoire principale. C’est une bonne manière en somme, de profiter un peu plus de Paris et de ces quelques lieux atypiques.
Souvent, plusieurs objectifs vous seront imposés histoire de mieux rythmer les sessions de jeu. Une partie ne se terminera bien sûr pas en 5 minutes montre en main, sinon l’intérêt serait limité, d’autant plus qu’il n’y a pas tant de missions que ça. Pour forcer la rejouabilité, il y a 3 récompenses à obtenir sur chacune d’entre elles et vous n’en débloquerez qu’une seule par session. Oui, c’est une manière un peu facile pour booster l’intérêt mais les joueurs aiment les carottes, quelque soit l’endroit où on leur donne.

Test co-réalisé par APC et Dayton.

Conclusion

Malgré les polémiques justifiées sur ses finitions Assassin’s creed Unity reste un très bon jeu et une expérience plus que rafraichissante pour les fans de la saga. On pestera pourtant sur son scénario totalement plat et sur son manque d’ambiance flagrant malgré un background prometteur. Le marketing made in Ubi voudrait nous le vendre comme la première véritable expérience next gen de la série mais il faudra encore attendre pour cela. On ne reniera pas l’énormité du contenu mais il en faudra plus pour pouvoir justifier ce titre pompeux auprès des joueurs. Black Flag lui aussi proposait de nombreuses activités et était pourtant sur la génération précédente. On a un peu peur pour le prochain qui risque de vraiment plonger la série dans la disette des productions annuelles fades et sans saveurs. On pouvait se demander pourquoi ne pas avoir choisi Assassin’s Creed 5 comme titre, on a désormais la réponse : Le jeu n’en a tout simplement ni la stature, ni l’ambition. Un titre solide mais qui ne restera pas dans les anales de la franchise. Heureusement il y à Paris plus vivante que jamais qui offre un cadre véritablement enchanteur et extrêmement bien rendu.

Les plus

  • Paris très bien retranscrite
  • Système de jeu plus souple
  • Missions bien plus ouvertes
  • Enormité du contenu
  • Multijoueur agréable

Les moins

  • Graphiquement inégal
  • Ambiance absente
  • Meta histoire sous exploitée
  • Très court pour la quête principale

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