Bâton de joie

Blabla vidéoludique non influencé
et probablement orienté.
¯\_(ツ)_/¯
Alien Isolation - PS3, PS4, Xbox 360, Xbox One
Support : PS3, PS4, Xbox 360 et Xbox One
Le 16/10/2014 - 09:11, par Dayton

De mémoire de joueur, peu de jeux ont réussi à retranscrire l’essence de la franchise cinématographique Alien. On a bien eu droit à deux Aliens vs Predators mythiques sur PC à l’aube des années 2000, mais depuis, c’était quand même le calme plat. En tout cas on avait jamais vraiment eu à se plaindre de la qualité des différents titres déjà sortis, mais ça c’était avant Aliens Colonial Marines et la mise à mort de millions de rectums à travers le monde. Bien décidé à ne pas rester dans la mémoire des joueurs comme étant l’éditeur qui aura ruiné une licence aussi culte, Sega entrepris la mise en chantier d’un nouveau jeu pour remettre les pendules à l’heure, et ce sont les petits gars de The Creative Assembly qui furent choisis.  Loin d’être des manches, les britanniques jusqu'à présents cantonnés aux RTS qui baboulent, ont visiblement pris leur mission à coeur tant le jeu se révèle être une lettre d’amour à peine déguisée à l’épisode cinématographique original. Oups, Spoiler Alert...

This is Ripley signing off

Amanda Ripley mène une vie difficile. Ingénieure pour la désormais célèbre et monstrueuse compagnie Weyland-Yutani, elle parcoure la galaxie en acceptant les jobs les plus ingrats dans l’espoir de retrouver sa maman disparue depuis presque 15 ans, sans laisser de trace. Un beau matin de lundi selon le calendrier vulcain, un émissaire vient la prévenir que la boite noire du vaisseau de sa mère, le Nostromo, a enfin été retrouvée. Ni une, ni deux, notre héroïne va embarquer pour une mission qui se révélera mortelle à plus d’un titre. La station orbitale de destination abrite un tueur implacable qui n’aura qu’une seule mission durant les 20 heures de jeu : traquer et tuer sans relâche.

Posons les bases afin d’éviter toute confusion et approximation des termes : Alien Isolation n’est pas au sens propre un survival horror. En réalité il s’agit d’un "survival panic", et c’est comme cela qu’il a toujours été présenté par ses concepteurs depuis le début. Difficile de proposer une aventure reposant sur l’horreur lorsque la principale source de cette émotion est connue de l’imaginaire collectif depuis plus de 30 ans. Bien entendu, certaines âmes sensibles connaitront ce doux sentiment amer, mais la grande majorité des joueurs devra se faire une raison : ce n’est pas sur ce terrain que The Creative Assembly a voulu nous emmener.

Au contraire, ne pouvant se reposer sur l’effet de surprise du design intemporel de la créature de Giger, les developpeurs ont tout misé sur ce qui fait l’autre grande force de ce monstre : sa capacité à tuer et à être dénué de toute autre considération. Pas besoin de sortir d’une grande école de magie pour s’en rendre compte, il suffit de se replonger dans les innombrables interviews et autres extraits de gameplay disponibles sur la toile. Les termes sont toujours les mêmes. Vous allez avoir peur, oui c’est un fait, vous allez avoir peur de mourir. Sans cesse on nous a rabâché que la volonté était de ne jamais nous laisser une minute de répit, de ne jamais se sentir en sécurité, ou encore de ne jamais relâcher la pression induite fatalement par un Alien capable de nous traquer sans script, définissant ses mouvements et sans notion de savoir où il allait pouvoir apparaitre.

Un monstre de beauté

Commençons par l’évidence, la grande star du show c’est l’Alien. Comment pourrait il en être autrement ? 30 ans plus tard, on se demande toujours comment un être humain a pu un jour accoucher d’une telle monstruosité érotique. L’alien est effrayant et attirant, d’autant que The Creative Assembly a réalisé un travail remarquable de modélisation et d’animation. La créature semble toute droit sortie du film, c’est dire. Afin de ne pas céder à la facilité, elle possède en plus son intelligence propre qui vous posera de nombreux problèmes.

Surgissant des ventilations, d’un panneau mural, ou de derrière une porte, le moindre son va vous faire sursauter et craindre pour votre vie. C’est tout le coté pervers de cette aventure exténuante. Les 15/20 heures que vous demandera l’histoire seront des heures entièrement passées à stresser et autant vous le dire, c’est exténuant. Ressortir d’une partie d’Alien Isolation, c’est l’assurance d’avoir besoin de se vider la tête, de souffler un bon coup tant la pression accumulée à épier le moindre recoin, se cacher dès le premier bruit suspect, fini par nous étouffer et nous faire ressentir ce qu’est la véritable peur panique. Le pire dans tout cela, c’est que toutes vos tentatives ne feront que retarder l’évidence : vous allez mourir, et cela un paquet de fois. Pour ne rien arranger, l’Alien est pervers.

Bien caché sous votre bureau, vous pensez peut être, parce que vous venez de le voir rentrer dans un conduit, que vous êtes tranquille pour quelques minutes ? Eh bien non. Suivant sa propre logique, il pourra arriver qu’il décide de redescendre du même endroit moins de 3 secondes après avoir disparu. Un jeu du chat et de la souris s’engage alors avec la station spatiale Sevastopol en guise de terrain de jeu immense, une arène où chaque mètre gagné pourrait bien être le dernier pour vous. Rarement pris en défaut, l’IA est coriace et dévoile vraiment toute sa traitrise en mode Hard (celui recommandé par le jeu), le mode Easy étant vraiment réservé aux plus contemplateurs d’entre nous. C’est à partir du mode Normal que les choses commencent à être sérieuses avec un véritable challenge et une prise de choix qui s’impose avant de tenter d’avancer doucement vers l’objectif de la mission. Le mode difficile restera réservé aux puristes et aux masochistes, mais c'est aussi celui qui révélera le potentiel exceptionnel du jeu. Dans ce dernier, impossible d’avancer sans l’utilisation des gadgets à votre disposition. Impossible aussi de rester planqué dans un placard comme Tom Cruise. Le monstre patrouille et finira un jour ou l’autre par renifler votre présence, précipitant votre mort, et ce même si vous retenez votre respiration.

Deep in the closet

Pour survivre, vous n’aurez pas le choix. Il faudra affronter le danger et espérer ainsi trouver le moyen de quitter cet endroit maudit. Examinons les options qui s’offrent à vous. Les armes ? Mauvaise idée. Non seulement leur maniabilité a volontairement été réduite, mais en plus le bruit qu’elles dégagent attirera invariablement le monstre. Pas la peine d’y penser ce dernier, contrairement aux humains et androids, est insensible aux balles. La course peut-être ? La encore mauvais choix. Courir ça fait du bruit, et l’alien se déplace comme Usain Bolt. A n’utiliser donc qu’en cas d’urgence donc. Il ne vous reste alors qu’un seul choix logique.

Une fois que l’on a éliminé le fait de rester dans le même placard en priant, il est nécessaire de se déplacer à pas de fourmis et d’utiliser toutes les ruses possibles pour se mouvoir lorsque l’Alien vous cherche. Heureusement, assez rapidement dans l’aventure vous trouverez le désormais célèbre détecteur de mouvements qui permettra de vous donner une idée de l’endroit où se trouve votre ennemi, tout en vous stressant comme il faut à cause de ses petits bips impromptus. Petit détail qui tue : sortir cet engin reviendra à devoir faire un choix sur le focus de la vision. Faire le point sur le détecteur rendra flou l’arrière-plan et vice et versa. Trois modes de déplacements vous sont proposés : marcher, courir et ramper. J'espère que vous aimez la poussière car c’est dans cette dernière possibilité que réside votre salut. L’alien est de dos... vite ! Changez de cachette ! Progressez pas à pas et gagnez une nouvelle zone en espérant qu’il ne se retourne pas. Ramper est peut-être très silencieux mais c'est aussi très lent.

Heureusement, pour vous aider vous pourrez également compter sur les fabuleux talents d'Amanda Gyver. En récupérant des pièces et des schémas éparpillés dans le vaisseau, vous allez pouvoir vous constituer un véritable arsenal de leurres qui se révèlera salvateur. Fumigènes, bombes ou haut-parleurs sont autant de diversions qui s’avéreront très utiles en temps de crise. Lorsque les ennemis sont trop regroupés ou que l’Alien ne veut vraiment pas bouger, envoyez un petit fumigène par exemple à l’autre bout du couloir pour voir la menace s’éloigner et enquêter. Cependant prenez garde, l’ennemi apprend de ses erreurs et si une diversion marche plusieurs fois de suite, trop l’utiliser la rendra inopérante, vous obligeant à toujours varier vos stratégies pour progresser.

Rapture dans l’espace

Avec ses grandes zones ouvertes, ses logs (écrits et vocaux), ainsi que son architecture de station spatiale gigantesque ayant abrité de nombreuses vies humaines, Sevastopol fait immanquablement penser à Rapture de Bioshock. Les murs sont tagués, les habitants restants sont hostiles dans la plupart des cas, et les androids veulent votre mort. L’environnement entier est contre vous et c’est l’Alien qui en profite. On aime se perdre dans ses dédales de couloirs et découvrir de nouvelles zones remplies de détails, synonymes d’une activité interrompue sans crier gare. La direction artistique prise par The Creative Assembly est une réussite totale. Des morceaux entiers semblent tous droit sortis du Nostromo de Ridley Scott, et ceux qui se veulent originaux sont toujours dans le ton et ne dénotent jamais du cahier des charges. Le mot qui revient le plus souvent est "cohérence". Un soucis du détail maladif signe d’un amour et d’un respect qui laisse pantois de l’oeuvre dont le jeu s’inspire. La technologie est rétro-futuriste, les jeux de lumières et de fumées particulièrement réussis, et les écrans d’ordinateurs CRT ont un effet nostalgique immédiat. Les murs, les portes, les tuyaux, etc.., on a rarement atteint un mimétisme aussi saisissant. Tout est fait pour rappeler aux fans que de voir un film c’est bien, le vivre c’est mieux. La station se divise en trois tours immenses elles mêmes composées de plusieurs zones, toutes reliées les unes avec les autres par des tramway.

Ce qui fait vraiment plaisir, c’est que dès le début et la première station on comprend immédiatement que l’on sera amené à faire des allers-retours. Du bon backtracking comme dans les jeux de l’ancien temps qui se veut pourtant bien plus intelligent. Jamais le jeu ne vous demandera un retour idiot. Tout est pensé pour être vécu en temps voulu et en cohésion avec la mise à niveau de votre inventaire. Une illusion de liberté à la Amnesia premier du nom qui tranche avec les FPS modernes dans lesquels la ligne droite prime. C’est à se demander comment les developpeurs ont pu créer une surface aussi gigantesque (non sérieux, la station est énorme) sans jamais donner l’impression de passer deux fois au même endroit. Chaque zone est unique, des entrailles, aux zones urbaines en passant par les quartiers médicaux. Sevastopol prend vie et devient à la manière de la cité sous-marine un personnage à part entière de l’histoire.

Crafting et autres joyeusetés

Si l’Alien restera votre principale préoccupation, les humains et les androids seront eux aussi des menaces sérieuses. Pour les premiers, l’affrontement frontal peut être envisagé. Un bon petit combat de temps en temps, c’est toujours agréable. Vous pouvez aussi opter pour faire du bruit et espérer attirer la créature qui se chargera de vous débarrasser de ces nuisibles. Seulement une fois qu’elle en aura terminé, vous aurez un tout nouveau problème sur les bras. Bref, là encore à vous d’adapter votre style de jeu. Sachez seulement que les androids sont vraiment coriaces en plus d’être extrêmement flippants. Déshumanisés, ils installent le malaise avec leurs yeux inexpressifs au possible et la faculté qu’ils ont d’essayer de vous tuer tout en restant polis. C’est d’ailleurs un plaisir de les voir déambuler à coté de l’Alien, lui demandant et je cite : "De quelle manière puis-je vous aider espèce inconnue ?".

Vraiment, le crafting sera votre meilleure arme. Pour cela, un tour dans le menu vous donne accès à vos ressources ainsi qu’aux objets que vous pouvez fabriquer. Il vous faut choisir chaque élément individuellement et valider votre sélection. Choisissez bien, car deux équipements utiliseront souvent les mêmes composés et prendre le risque de créer un haut-parleur lorsque vous êtes bas en énergie, c’est la possibilité de ne plus avoir de quoi créer une seringue de vie. Le rationnement, comme dans tout bon survival qui se respecte en somme.

Pourtant, il ne faut pas croire que l’intégralité de votre aventure se déroulera à quatre pattes en avançant lentement, prenant le temps de vous arrêter uniquement pour créer un objet avant de repartir. Le rythme du jeu est diabolique. Avec l’arrivée du lance-flamme dans la deuxième moitié de l'aventure, les choses s’accélèrent et vous possédez désormais un moyen de repousser les assauts de l’Alien. Le titre bascule alors doucement dans un style plus soutenu. Attention, je n’ai pas dit "action" mais "soutenu", c’est une différence notable. Le lance-flamme n’est pas forcément signe de surpuissance, d’autant que ses munitions sont limitées, mais il permet d’être plus serein à l’idée de zigouiller du synthétique à grand coup de fusil à pompe sans se soucier du bruit.

On pourrait découper le jeu en trois phases. Le premier tiers repose vraiment sur le stress pur et dur. Vous n’avez que peu de munitions et la progression est lente et périlleuse, principalement à cause de l’Alien. Puis dans un développement scénaristique justifié, celui-ci disparait pour quelques heures, vous permettant de souffler et de laisser cours à votre folie destructrice avec les humains et synthétiques. Enfin, au retour du monstre, c’est un mix des deux qui intervient avec une progression lente mais aussi plus péchue.

J’en remet d’ailleurs une couche, le jeu ne vire pas au tout action. Les munitions pour les armes sont de toutes façon bien trop limitées. On pourrait même croire que cette structure fait écho de manière intentionnelle au déroulement même du premier film. Lorsque la créature apparait, Ellen et son équipage son d’abord terrifiés. Puis vient le moment où l’Alien commence à les chasser, et enfin dans la dernière partie où c’est tout le coté badass de l’héroine qui ressort avec la bête qui devient traquée à grands coups de lance-flamme. Sincèrement, on a du mal à croire que là encore il ne s’agit pas d’un nouveau coup d’éclat de The Creative Assembly et de leur soucis du détail qui vire à la maladie.

Miracle !

Tentons maintenant de répondre aux questions que tous les fans se posent. Commençons par l’évidence : oui Alien Isolation est la meilleure adaptation de la franchise en jeu-vidéo. En choisissant la voie du jeu à la première personne et en sachant capter ce qui faisait l’essence du film, le studio anglais parvient à nous livrer ce qui fera date dans l’histoire des passages d’un médium à un autre. On a beau réfléchir, on a du mal à trouver mieux réussi dans le genre. Cela commence par un détail, avec la musique du menu principal directement tirée du générique d’introduction du premier film. Vous appuyez sur Start et pour peu que vous ayez passé votre console en anglais (seul moyen d’avoir la VO), c’est la voix de Sigourney Weaver en personne qui vous accueille pour le monologue de fin de Ripley. Le cryotube s’ouvre et vous voilà à bord d’un vaisseau identique en tout point au Nostromo.

Franchement, revoyez le film avant de commencer à jouer tellement l’introduction est un exemple d’immersion. On est presque à la photocopie. On déambule dans les couloirs, trouvant à chaque recoin un détail qui nous rappelle aux bons souvenirs du vaisseau de Ellen et de son équipage sacrifié. Le coin médical, le poste de pilotage, les combinaisons, tout est disposé exactement aux mêmes endroits et défini immédiatement le ton de ce que l’on retrouvera dans la station géante. Les musiques... oh my god... Les musiques sont intégralement reprises de la bande son extraordinaire du film, et celles qui ont été créées spécialement pour le jeu sont, comme les décors, toujours dans le ton des originales. On ne parle même pas de l’environnement sonore dont le travail est tout simplement magistral. On peut entendre l’alien se déplacer dans les coursives et deviner où il se trouve. Prenez cependant garde à ne pas le confondre avec les innombrables bruits métalliques produits par la station. Alien Isolation est un jeu à jouer dans le noir et au casque pour pouvoir être apprécier dans sa totalité. Alors oui, peut-être que les personnes n’ayant jamais vu le film seront moins attirées par l’univers, mais avant de penser cela, sachez que le monde autour de vous est crédible, et c’est cela sa grande force. Le travail effectué pour retranscrire cet univers si particulier est tellement brillant qu’en jouant on se prend souvent à penser à Dead Space. Et c’est là que l’on se rend compte que les petits gars de chez Visceral avaient largement pompé le film de Scott pour créer l'Ishimura du premier épisode.

L’histoire est ici secondaire alors attardons nous plutôt à la structure narrative qui, là encore, frise le génie mental. Alien Isolation se calque sur le film Evil Dead 2. En effet, le deuxième épisode de la trilogie horrifique de Sam Raimi est aussi bien le remake du premier que de sa suite. Alien Isolation prend le même chemin en un peu plus subtile. Difficile d’aller plus loin dans la comparaison sans spoiler, mais sachez que oui, il s’agit bien de la suite de l’histoire, mais qu’en même temps certains passages sont des répliques quasi-exactes du premier film agissant comme un remake. Difficile à expliquer, mais regardez le film, finissez le jeu, et vous comprendrez où je veux en venir. Sachez juste que de nombreuses surprises vous attendent et que la fin fait même intervenir des éléments d’Aliens. Regardez bien, nous parlons bien d’AlienS.

Petites taches et versions old-gen

Si jamais les choses n’étaient pas claires, Alien Isolation est un monstre, un jeu extraordinaire et une adaptation en béton armé. Ceci étant dit, aucun jeu n’étant parfait, on va aborder rapidement les points qui fâchent. Il faut savoir quand même qu’en 20 heures de jeu, nous n’avons rencontré aucun bug sur la version PS4 de test avec la dernière mise à jour disponible. Jamais l’Alien n’a eu un comportement bizarre, et jamais nous n’avons franchis de murs invisibles ou vu une créature de quelque nature qu’elle soit transpercer un casier par magie, ou ne pas réagir comme il fallait. Bien entendu, nous avons observé que les humains pouvaient avoir tendance à se révéler assez stupides, mais jamais au point de casser notre expérience. On le note mais des rapports pointent déjà que certains autres joueurs auraient vu de temps à autre des bugs de collision mineurs.

Seul vrai soucis de gameplay, il est parfois difficile d’interagir avec certains éléments du décor. Les hit boxes sont quelques fois ridiculement petites et font pester lorsque l’on est en pleine panique. Bref, pour l'intégrité journalistique tout ça tout ça, on se devait de le souligner. Les points de sauvegarde seront quant à eux autant un plaisir qu’une plaie. Réhabilitant le bon vieux système de la sauvegarde manuelle, Alien Isolation ne possède aucune sauvegarde automatique. Vous voila prévenu. Personnellement, j’ai trouvé ce système parfait du point de vu stress. La sauvegarde n’est pas immédiate et un petit délai intervient entre le moment où vous introduisez votre carte d’accès et l’apparition de la boite de dialogue. Seulement voila, durant ce laps, n’importe quoi peut arriver et vous condamner à quelques secondes de la délivrance à recommencer à la sauvegarde d’avant, potentiellement située plus d’une demie-heure (voire davantage) en amont. Je vous prévientn, ça m’est arrivé. Je tourne la tête trois secondes, et qui débarque de l’aération voisine pour me pourfendre ? Un monstre géant et tout noir, à une seconde de la sauvegarde.

Cette anecdote cache en faite le gros point noir du jeu : les points de sauvegardes sont parfois mal répartis. Quelques fois on en trouve à la pelle, d’autre non. Et cette rarification rend les morts extrêmement punitives lorsqu’elle intervient. Pourtant difficile de nier que cela renforce un peu plus le stress de voir débarquer la créature, même lorsque la délivrance se trouve à portée de vue. L’histoire quant à elle est assez secondaire puisque fatalement, on sait depuis le film de Cameron que jamais Amanda ne retrouvera sa mère. Notons tout de même que si le scénario global est assez classique mais très efficace dans son travail de réécriture, les missions proposées ne sont pas des exemples d’originalité. Rétablir le courant, des communications, ou trouver des médicaments, l’enjeu est souvent anodin. Cependant, il ne faudrait pas juger le jeu sur ce point puisqu'il repose avant-tout sur son gameplay et son ambiance, et que ces détails d’écriture ne viennent jamais ternir le plaisir sadique que l’on éprouve à l’idée de jouer avec l’Alien.

Enfin, passons rapidement sur les versions old-gen. Les textures y sont clairement moins précises, il manque des effets de fumée et de lumière, et l’aliasing pique grandement les yeux, sans parler de la résolution moindre de l’ensemble. Dit comme cela, c’est pas folichon mais pour avoir pratiqué la version PS3 pendant 3 heures avant de me mettre à petite soeur PS4, je peux affirmer que ceux qui n’auront pas le choix ne seront pas déçus, l’expérience générale de peur et de stress n’étant en rien altérée puisque le travail de direction artistique reste exceptionnel, et ce sur n’importe lequel des supports. Autant vous dire que c’est bien cela le principal.

Conclusion

Quand on pense que les developpeurs sont connus pour avoir créé des RTS et qu'Alien Isolation est non seulement leur premier jeu à la première personne, mais aussi leur premier jeu "d’horreur", le résultat se révèle d'autant plus épatant. Avec des points communs partagées avec les Amnesia et Evil Dead 2, ainsi qu'une reproduction tellement fidèle à l’oeuvre originale que les fanboys du monde entier vont devoir changer leurs slips, faut-il vraiment que nous vous fassions un dessin sur la réussite que représente Alien Isolation ? Certes il n’est pas le plus beau jeu du monde, mais sa direction artistique de premier ordre, ses musiques sublimes, son ambiance à couper au couteau et son Alien si dangereux que chaque pas vous fera connaitre la peur panique de mourir, font du jeu de The Creative Assembly l'un des possibles prétendants au titre du jeu de l’année, tout simplement. Soyons foufous, il s’agit certainement de la meilleure adaptation vidéoludique d’un film depuis le Blade Runner de Westwood, un jeu là encore tiré d’un film culte de Ridley Scott. Excusez de la référence.

Les plus

  • L’alien.
  • L'ambiance.
  • La direction artistique.
  • Les musiques.
  • La peur de tous les instants.
  • Un vrai survival.
  • Adaptation exceptionelle.
  • 15/20h de jeu.
  • Exténuant.
  • Difficile.

Les moins

  • Trop difficile ?
  • La répartition des sauvegardes.
  • Histoire secondaire.
  • Les hit boxes capricieuses.

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